Afrique

Cameroun: Sequestration à Ebolowa

Camp militaire du SEMIL.

Camp militaire du SEMIL.

 

Cameroun : La sécurité militaire  (SEMIL) d’Ebolowa  arrête deux jeunes garçons pour suspicion d’homosexualité.

Par Jacks Oke

La localisation de la ville d'Ebolowa au Sud Cameroun. (Carte de Wikipedia)

La localisation de la ville d’Ebolowa au sud du Cameroun. (Carte de Wikipedia)

Sieur Josh, responsable d’une association identitaire de droits humains au Cameroun, et son ami Alpha (pseudonymes) sont victimes d’une séquestration par les militaires du SEMIL  à Ebolowa au Sud du Cameroun et sont traduit au tribunal militaire pour tentative d’homosexualité.

La scène se déroule le dimanche 17 décembre 2017 dans la ville d’Ebolowa aux environs de 20 heures. Sieur Josh, accompagné de ses deux amis parmi lesquels Alpha et un séminariste Beta, prenaient un pot dans un point chaud de la ville quand débarque un monsieur en civile qui s’installe près d’eux.

Au cours de la soirée, les choses se déroulent bien jusqu’à ce que les clins d’œil interviennent entre le monsieur et Alpha.

Quelques temps après, les deux décident de se retirer pour une intimité. À ce moment, Josh propose plutôt à Alpha de ne pas se rendre chez le monsieur qui serait un inconnu mais d’aller plutôt chez lui.

Parole dite, tous entrèrent dans le véhicule de Beta. Après quelques mètres de chemin, le monsieur se présenta en qualité de militaire en ordonnant de se rendre plutôt au camp militaire du SEMIL.

À leur arrivé, ils sont interrogés sur les pratiques homosexuels tout en leur informant que le monsieur était en mission d’inspection dans ces lieux car plusieurs remontés d’informations avaient déjà été faites à ce sujet dans la ville. Sur le coup des menaces diverses, le clergé de la ville est informé de l’arrestation de son poulain séminariste et ordonne immédiatement sa libération.

Pour les deux autres, les militaires ont appelé un médecin pour leur effectuer le  « toucher » dans le but de conclure à une « pénétration anale ».

À l’arrivé de ce dernier, les deux séquestrés s’y sont opposés en insistant d’appeler à leur tour leur avocat. Requête rejetée par les bourreaux.

Ceux-ci ont entrepris la fouille du téléphone d’Alpha et ont retrouvé des messages et photos intimes ainsi que des vidéos pornographiques homosexuelles. (Josh n’était pas sorti avec son téléphone).

Ensuite, ils les ont fouillés et dépouillés d’un montant de 18.000 FCFA (environ 27 euros) avant d’être déposés dans le véhicule militaire devant leur domicile aux environs de 2 heures du matin.

Le lendemain dès 9 heures, sieur Josh et Alpha sont de nouveau interpellés par les mêmes militaires devant leur domicile et conduits au SEMIL comme à la veille. Arrivés sur les lieux, ils sont entendus sur procès-verbal par un auxiliaire du tribunal militaire qui leur apprendra que le motif est le suivant : tentative d’homosexualité sur militaire.

Nul aurait été l’arrivé de l’avocat contacté par la plateforme UNITY qui aurait au passage payé une caution que ces derniers auraient été envoyés en prison.


Toutefois, nous nous interrogeons sur le rôle et les missions du corps militaire au Cameroun. Sont-ils autorisés à entreprendre des arrestations, séquestrations et extorsions sur les civiles? A fortiori, même s’il s’agit d’un cas avéré d’homosexualité, le tribunal militaire serait-il compètent pour une infraction de telle nature ? Voilà autant de questionnements qui nous amènent à analyser cette affaire.


Jacks Oke, l’auteur de cet article, est un militant pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme.

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