Afrique

Cameroun: 7 personnes LGBT en prison; 58 abus

Logo de l’Observatoire National des Droits des Personnes LGBTI et de leurs Défenseurs du Cameroun

Logo de l’Observatoire National des Droits des Personnes LGBTI et de leurs Défenseurs du
Cameroun

Au Cameroun, sept personnes ont été jugés, condamnés et sont toujours détenus en prison pour homosexualité, selon un rapport du nouvel Observatoire National des Droits des Personnes LGBTI et de leurs Defenseurs. Le rapport fait ressortir aussi, parmi des autres — 58 cas au total:

  • 16 cas d’arrestation arbitraire.
  • Deux cas du « viol correctif » .
  • 15 cas d’agressions et violence physique.
  • 11 cas d’arnaque et chantage et menace, notamment un cas de chantage par le célèbre arnaqueur Ekobo Samba.

Comparaison selon la nature des abus (Diagramme par l’Observatoire National des Droits des Personnes LGBTI et de leurs Défenseurs du Cameroun)

Comparaison selon la nature des abus (Diagramme par l’Observatoire National des Droits des Personnes LGBTI et de leurs Défenseurs du
Cameroun)

Par Erin Royal Brokovitch

Cameroun : L’Observatoire des violations des droits des LGBT et de leurs defenseurs de la plateforme Unity livre son premier rapport.

Une annonce affichée au snack Alyzé à Yaoundé -- « INTERDIT AUX HOMOSEXUELLES ». (Photo de Facebok)

Une annonce affichée au snack Alyzé à Yaoundé — « INTERDIT AUX HOMOSEXUELLES ». (Photo de Facebok)

Aussitôt mis sur pied, le bureau de l’Observatoire s’est mis au travail selon la feuille de route et le rôle qui lui ont été assigné, et a présenté il y a quelques semaines un rapport ressortant des faits observés entre le mois de septembre 2016 et février 2017.

Le rapport est présenté comme « une phase pilote de l’Observatoire national des droits des personnes LGBTI et de leurs défenseurs ». Il est bâti sur pas moins de 30 indicateurs  déclinés en autant de cas de violations de cas observés durant la période rapportée.

Le rapport est saisissant par les faits préoccupants qui y sont décrits, ainsi que la récurrence de ceux-ci ! Selon la structuration de l’Observatoire, les faits ont été rapportés par le réseau des associations LGBT disséminés  travers le pays qui font partie de cette plateforme. Et  à travers leurs points focaux.

Pour cette phase pilote, les faits sont rapportés de 11 villes sur 6 régions.

L’analyse donne à voir que la  région du centre arrive en tête de ce triste palmarès avec 30 cas rapportés dont 29 à Yaoundé. Vient ensuite la région du Littoral avec 14 cas observés à Douala, puis l’Ouest avec 06 cas, le Nord avec 04 cas, puis le Sud avec 03 et enfin l’Est avec 01 cas rapporté. Au total: 58.

L'atelier du 19 au 21 Octobre 2016 qui ont planifié l'Observatoire national des droits des personnes LGBT et de leurs defenseurs. (Photo de Camfaids, qui a approuvé sa publication)

L’atelier du 19 au 21 Octobre 2016 qui ont planifié l’Observatoire national des droits des personnes LGBT et de leurs defenseurs. (Photo de Camfaids, qui a approuvé sa publication)

[Vingt organisations identitaires s’engagent dans cette aventure commune. Et parmi elles, de grosses pointures dans le mouvement LGBT camerounais et des nouvelles plutôt prometteuses dans le paysage : Camfaids, Sidado, Affirmative Action, Adefho, ELLES Cameroun, Lady’s Cooperation, Alcomdoms, Acodev, Enfants d’Afrique, Trésor Progrès, Cofenho, CAMEF, Association pour l’assistance humanitaire, Association contre le Sida, ASGJA, Avenir jeunes de l’Ouest, Colibri, Amis du Cœur, Cerludhus et enfin, Adepev. Et un partenaire de choix, le Redhac (le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale).

76crimesFR.com, 31 janvier 2017]

Le tableau descriptif du rapport et récapitulatif des cas est structuré suivant le canevas : noms et prénoms des victimes, la nature de la violence, les lieux et les dates où se sont produits les faits, la nature de l’assistance apportée à la victime, et enfin sa situation actuelle.

L’analyse donne à voir que les victimes de violations ont des âges compris entre 19 et 50 ans. La nature des cas de violations rend compte entre autres de : homosexualité qui revient  dans 07 cas et concerne essentiellement des personnes qui sont en prison et le demeurent cette date, 01 cas de diffamations d’homosexualité sur des personnes, 01 cas de harcèlement  exuel, 07 occurrences pour les cas d’arrestation arbitraire dont une particulière de 03 jeunes garçons, danseurs qui ont été arrêtés par des éléments de la brigade de Nkolmesseng, et qui avaient subi des tortures de la part des agents. Ceux-ci leurs avaient demandé de l’argent mais avaient refusé, provoquant ainsi la colère des agents qui  les ont frappé avec leurs matraques. L’une des victimes s’en est sorti avec une hernie qu’il trimbale toujours.

01 cas de diffamation ; 01 cas de discrimination généralisé dans des lieux de distraction populaires (le cas du snack bar l’Alizé et du cabaret Mistral à Yaoundé) ; 04 cas d’agressions et violence physique ; 02 cas de menaces ; 01 cas de viol correctif sur une activiste LGBT dans un taxi à Yaoundé et 01 cas de tentative de viol dans la ville de Mbandjock sur une fille de 19 ans ; 01 cas de  chantage et menace des personnes dites autorités de force de l’ordre, mais aussi du désormais tristement célèbre Ekobo Samba qui continue de perpétrer ses forfaits, comme en narguant toute la communauté LGBT du Cameroun, depuis 06 ans qu’il commet ses forfaits.

Préoccupant sur la base de ce rapport de se rendre compte que 07 personnes ont été jugés, condamnés et toujours détenus en prison pour homosexualité. Préoccupant de prendre acte de l’exposition aux risque et la vulnérabilité des défenseurs des droits des LGBT et militants de leurs droits.

Aussi, le cas du viol correctif de la responsable de l’association AVAF rapporté, mais aussi d’un transgenre, coordonateur de la cellule genre à CAMFAIDS qui revient dans le rapport pour des cas de violences physiques, d’agressions et d’arrestations arbitraires dont il a été victime.

Cependant, le rapport rassure en quelques points : Le fait même de son existence est la preuve du dynamisme dans l’observation des cas, de cette culture de l’observation qui s’est installé chez les membres d’associations. Mais il rassure aussi par l’issue des cas d’arrestation notamment et détentions dans les unités qui se sont soldé par des remises en liberté des personnes détenus, ceci grâce aux interventions des défenseurs des droits des LGBT.

Après cette phase pilote, le travail d’observation se poursuit sur le terrain, mais la plateforme Unity tient avec ce rapport, un outil de plaidoyer conformément aux missions que les associations membres  ont définis pour rapports. Plaidoyer pour la changement des lois et politiques vis-à-vis des LGBT au Cameroun.

Beaucoup de courage à cette initiative qui mérite le soutien des partenaires préoccupés par la situation des droits des personnes LGBT et de leurs défenseurs.

Erin Royal Brokovitch, l’auteur de cet article, est un militant pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme.

Le rapport entier:

« RAPPORT NATIONAL DE VIOLATION DES DROITS HUMAINS »
Septembre 2016- Février 2017

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