Afrique subsaharienne

Sénégal : le Parlement repousse un texte de loi visant à doubler les peines de prison pour les homosexuels

Le Parlement sénégalais a rejeté le 25 décembre 2021 une proposition de loi visant à durcir la répression de l’homosexualité, avec des peines allant jusqu’à dix ans de prisons contre cinq ans actuellement.

Le drapeau du Sénégal

France TV Info rapporte:

Une majorité de députés a qualifié ce texte de « faux débat », dénonçant « une instrumentalisation politique » à quatre semaines des élections locales.

La proposition de loi, à l’initiative de onze députés, majoritairement de l’opposition, prévoyait « une peine de cinq à dix ans d’emprisonnement ferme et une amende d’un à cinq millions FCFA (1 500 à 7 625 euros), sans possibilité d’accorder des circonstances atténuantes (pour) quiconque aura été reconnu coupable d’actes contre nature ». Ce texte était soutenu par les associations et les chefs religieux, influents dans ce pays musulman à 95% où l’homosexualité est considérée comme une déviance durement répriméeIl visait à criminaliser un peu plus l’homosexualité et aussi à l’élargir à « d’autres déviances », selon ses initiateurs : « lesbianisme, bisexualité, transsexualité, intersexualité et autres pratiques assimilées. »

« La législation du Sénégal qui date de 1966 (…) est claire et nette à ce sujet. Il n’est point besoin d’y ajouter ou d’en retirer une virgule », ont affirmé les députés de la majorité dans un communiqué. Les actes visés par la proposition de loi « sont déjà clairement bannis et punis par la loi au Sénégal », a précisé le président du groupe parlementaire majoritaire Aymérou Gningue. La quinzaine de députés porteurs de la proposition de loi sont soupçonnés « d’instrumentalisation politique » avant les élections municipales et départementales prévues le 23 janvier dans le pays. Ils veulent « installer un faux débat dans cette période pré-électorale » et « cachent des objectifs politiques inavoués », a affirmé Aymérou Gningue.

Le président Macky Sall, dont le pays est souvent cité en exemple d’Etat de droit en Afrique, a toujours invoqué « les spécificités culturelles sénégalaises » pour refuser une dépénalisation de l’homosexualité, y compris devant des dirigeants étrangers, comme lors de la visite Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 12 février 2020.

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