Afrique subsaharienne

Le Sénégal interdit le mariage entre personnes de même sexe

Par 129 voix pour et 0 contre, avec 0 abstention, c’est à l’unanimité des députés présents que l’Assemblée Nationale du Sénégal a adopté le lundi 29 juin 2026, la proposition de loi n°17/2026 comportant une révision de l’article 17 de la Constitution visant à établir le mariage comme étant exclusivement « l’union entre l’homme et la femme ».

Pourtant, la Constitution sénégalaise assez floue sur le sujet, n’apporte ni une définition claire, ni une définition explicite de ce qu’est un homme ou une femme, en termes biologiques, chromosomiques ou anatomiques. Cependant elle instaure une binarité en faisant fi des personnes intersexes.

Ousmane Sonko est le nouveau président de l’Assemblée Nationale du Sénégal depuis le 26 mai 2026 (source : http://www.transmag.net)

La poursuite d’un agenda anti-LGBT+

Inspirée par une tribune publiée le 8 mars dernier dans les colonnes du quotidien Le Soleil (dont l’État sénégalais est propriétaire) et intitulée « d’une approche scientifique dans l’éradication de l’homosexualité au Sénégal », la modification en vigueur de l’article 17 de la Constitution sénégalaise a pour objectif de préciser que le contour du mariage ne peut concerner que « l’union de l’homme et la femme ».

Pour rappel, avant ladite modification constitutionnelle, l’article 17 de la Constitution sénégalaise définissait le mariage ainsi :  » le mariage et la famille constituent la base naturelle et morale de la communauté humaine, placés sous la protection de l’État ».

A présent figure un addendum : « le mariage est l’union entre l’homme et la femme ».

Or, il s’agit factuellement d’une définition qui relègue et réduit les personnes intersexes du Sénégal à un impensé.

Pour Sadio (pseudonyme), un observateur sénégalais de la vie publique basé à Dakar, « il ne fait guère de doute que le PASTEF [NDLR : parti politique actuellement majoritaire à l’Assemblée Nationale] insiste à foison sur cet aspect du changement constitutionnel, afin de donner des gages aux Sénégalais quant à la poursuite d’un agenda anti-LGBT, après le durcissement du code pénal intervenu au printemps, puisque les « actes contre-nature sont désormais passibles de 5 à 10 ans de prison en sus de 10 millions de francs CFA d’amendes (15 000 euros) ».

Enfin souligne t-il, « cela permet de resserrer les troupes au sein du parti au pouvoir après les dissensions ayant donné lieu au limogeage de l’ex-premier ministre Ousmane Sonko, alors que l’examen de textes à venir sur le financement de la vie politique risque de raviver des tensions avec l’exécutif présidentiel, autour de la figure du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye ».

Après la récente criminalisation de l’homosexualité au Niger, il s’agit d’un nouveau revers pour les droits LGBT+ en Afrique francophone.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.