Afrique subsaharienne

Cameroun : un homme gay victime d’un violent guet-apens

Un jeune homme LGBTI a été violemment agressé dans la nuit du 12 octobre dans le quartier de Biteng-sous-manguier, à Yaoundé, suite à un guet-apens en ligne.

Les faits ont été rapportés à Erasing 76 Crimes par un ami de la victime, qui est identifié ici sous un pseudonyme pour des raisons de sécurité.

Une rue résidentielle dans le quartier de Biteng à Yaoundé, au Cameroun. (Photo fournie par Expedia)

Par Jean-Jacques Dissoke Maniben

Un guet-apens crapuleux et homophobe

Un cuisinier de 23 ans, prénommé Bryan, s’est rendu à un rendez-vous galant organisé via une application de rencontres en ligne. Sur place, il a été attiré vers un coin sombre et isolé où quatre complices de son soupirant l’attendaient.

Accusé d’être homosexuel, Bryan a été roué de coups et humilié avant de se faire détrousser de ses objets de valeur. Ses agresseurs sont allés jusqu’à le déshabiller, avant de le laisser blessé.

Grâce à l’intervention de passants, Bryan a pu joindre et prévenir par téléphone sa sœur aînée. Aussi, les riverains l’ont emmené à l’hôpital pour qu’il y reçoive des soins.

Ce dernier n’a pas jugé opportun de prendre attache avec la police de crainte qu’il ne soit arrêté pour homosexualité, au lieu de partir à la recherche des forbans.

Sa sœur, qui l’a rejointe à l’hôpital, a déclaré : « Quand j’ai reçu son appel, sa voix était faible, presque inaudible. Il a perdu connaissance. Je l’ai retrouvé dans un état que je n’oublierai jamais. Il avait perdu beaucoup de sang et était traumatisé. »

Un ami proche qui se déclare ouvertement gay a ajouté : « Bryan est quelqu’un de discret. Il ne fait de mal à personne. Ce qui lui est arrivé montre que nous ne sommes jamais en sécurité. Nous vivons constamment dans la peur. »

Un autre proche s’exclame : « C’est un jeune homme travailleur, toujours souriant. Le voir dans cet état est un choc pour nous tous. Cela prouve que la haine continue de détruire des vies. »

Ce que cela signifie pour le Cameroun

Cet incident illustre une fois de plus la vulnérabilité des personnes LGBT+ au Cameroun, où l’homosexualité reste criminalisée en vertu de l’article 347-1 du Code pénal (NDLR : condamnations allant de 6 mois à 5 ans de prison en sus de 200 000 francs CFA d’amendes au maximum, soit 300 euros dans un pays où le revenu mensuel moyen est de 100 000 francs CFA dans l’économie formelle).

Les victimes de violences homophobes sont souvent privées de la protection de la police tandis que leurs agresseurs restent souvent impunis.

L’agression dont a été l’objet, Bryan rappelle l’impérieuse nécessité de renforcer la solidarité et la défense des droits de l’Homme, dans le respect dû à la dignité humaine.

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