Selon un activiste de Pride Equity témoin des faits – une organisation de défense des droits LGBT+ hispano-sierra-leonaise – une dizaine de policiers ont fait irruption dans une soirée privée entre hommes gays dans la nuit du 30 au 31 août 2026, au Hill Valley Hotel de Freetown, en Sierra Leone, un petit État côtier anglophone de l’Afrique de l’Ouest.
Pour rappel, la Sierra-Leone indépendante depuis 1961 a hérité des lois coloniales britanniques dont celle datant de 1861 qui criminalise les relations sexuelles entre individus de même genre. En principe, l’homosexualité y est même passible de la prison à vie de jure.
Actuellement, les témoignages font état d’un climat de peur généralisé au sein des cercles de convivialité LGBT+. Cette peur est également alimentée par le rôle de certains titres de presse locaux qui souvent relaient les avis de recherche diffusés par la police, avec notamment des promesses de récompenses à la clef pour tout individu qui prendrait part à la capture de suspects d’homosexualité.
Regilnald Freeman Browne : « Je me suis rendu à une soirée privée organisée par un ami dimanche dernier, au Hill Valley Hotel sur les hauteurs de Freetown.
En plein milieu de la nuit, une dizaine de policiers ont fait irruption, alors qu’une cinquantaine ou une soixantaine de convives étaient réunis. C’était clairement une descente anti-gay, et les forces de l’ordre étaient semble-t-il à la recherche de préservatifs et de lubrifiants ou d’autres éléments compromettants susceptibles de justifier la présence d’une escouade de police.
Comme il y avait 2 sorties dans l’établissement hôtelier, la plupart d’entre nous avons pu prendre la fuite. Néanmoins des personnes ont été arrêtées. A ce stade, je ne saurais dire combien, ni le nombre de ceux qui ont été placés en garde à vue.
Aussi ce matin même, j’ai reçu des appels inconnus, sur mon numéro de téléphone portable, d’individus malveillants cherchant à exercer un chantage. Je ne saurais expliquer qui se cache derrière ces agissements, ni comment mon numéro de téléphone a pu fuiter.
Les mêmes interrogations surgissent quant à l’organisation de la soirée, à savoir par qui et comment la police a été informée de la tenue de cet événement festif dans un espace privatif ? C’est inquiétant.
Mon compagnon Edwin Bolaji Deen fait également l’objet d’un avis de recherche policier et des membres de sa famille ont d’ores et déjà été auditionnés pour savoir où il se trouve.
A mon niveau, mon retour en Espagne a été très récemment empêché quand je me suis rendu à l’aéroport il y a de cela quelques jours, alors que je suis hispano-sierra-leonais.
De manière confuse, on m’a expliqué que je ne remplissais pas les conditions pour sortir du territoire national sierra-leonais. J’ai trouvé cela très bizarre ».
