Afrique subsaharienne

Sénégal : L’extension du test anal aux femmes hétérosexuelles et la controverse autour de leur « consentement »

Le 13 août 2026, quelques heures après la publication d’un article où nous relations que le Sénégal est devenu, à notre connaissance, le deuxième pays au monde après l’Afghanistan à documenter le recours à l’examen ano-rectal comme procédure d’enquête judiciaire concernant des femmes hétérosexuelles cisgenres ; la police nationale sénégalaise s’est fendue d’un communiqué où pour la première fois une autorité publique reconnait le phénomène.

Le nouveau Palais de Justice de Rufisque a été inauguré le 27 janvier 2024. (Photographie issue de la Délégation Générale à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose)

La Police Nationale reconnaît le recours aux examens rectaux sans en expliciter l’application aux femmes

Après avoir procédé à l’interpellation de sept personnes le 28 juillet dernier à Rufisque Est dans le cadre d’un dossier de sextorsion et de prostitution en ligne ; ce dossier avait retenu l’attention car selon les informations que nous avions recueillies et rapportées le 13 août, deux femmes hétérosexuelles cisgenres figurant parmi les mis en cause avaient été soumises à des tests de dépistage du VIH, ainsi qu’à un test anal au sein de l’hôpital Youssou Mbargane Diop de Rufisque dirigé par le Docteur Kalidou Samba Ly.

Or, pour la première fois, la Police Nationale du Sénégal a reconnu elle-même le recours à ce type de pratique, afin de collecter des preuves médicales de la commission d’une infraction pour « actes contre-nature » dans un dossier où un seul des cinq hommes a finalement reconnu être bisexuel, tandis que les autres mis en cause dont notamment les 2 femmes incriminées pour prostitution en ligne ont toujours soutenu avec vigueur être hétérosexuels.

De quel consentement à des tests ano-rectaux parle la Police Nationale du Sénégal ?

Si en décembre 2025, nous documentions pour la première au Sénégal l’existence des tests anaux forcés, effectués sous contrainte policière dans le cadre d’une procédure de justice pouvant exposer les accusés à plusieurs années de prison; à présent les autorités sénégalaises cherchent à les légitimer, parlant « d’examen rectal consenti des mis en cause », sans jamais préciser comment ce consentement a été obtenu :

  • Les personnes ont-elles été informées de la nature précise de l’examen médical et de sa finalité ?
  • Le consentement a t-il été verbal ou écrit ?
  • Qui a recueilli ce consentement ?
  • Les suspects pouvaient-ils refuser un test anal ?
  • A quelles conséquences auraient pu les exposer un refus ?
  • Les personnes incriminées dans la procédure judiciaire ont-ils pu bénéficier du conseil d’un avocat ?

Si à ces questions, la Police Nationale du Sénégal n’a pas encore répondu. Elle n’a en revanche ni réfuté ni contesté que des femmes cisgenres hétérosexuelles aient pu être concernées par ces examens. Elle n’explique pas davantage le fondement d’une telle mesure à leur égard. »

L’ensemble des personnes ayant parti lié à ce dossier ont été déferrées auprès du Parquet de Rufisque le 03 août, sans que la suite de la procédure judiciaire ait été porté à l’attention du public par la presse et les médias sénégalais.

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