Le 7 septembre, un tribunal camerounais a renvoyé 6 hommes, âgés de 22 à 38 ans, en détention provisoire dans l’attente de leur procès pour homosexualité.
Deux jeunes de 18 ans ont été remis en liberté et le dossier concernant un mineur de 16 ans a été transféré auprès du tribunal civil de Ndokoti, compétent en matière de délinquance juvénile.
De l’arrestation à la prison
Ces 9 hommes faisaient partie de la soixantaine de personnes arrêtées dans la nuit du 23 août dernier lors de descentes de police dans les quartiers de Makepe et Bourramoussadi à Douala, au Cameroun. Les autres personnes impliquées, accusées d’homosexualité ont toutes été libérées entre temps.
Quant à la police, à travers un commandant, elle a justifié son intervention par la suspicion de l’existence de backrooms attenantes à un bar soupçonné de servir de lieu de rassemblement à des hommes gays. La découverte de lubrifiants, d’accessoires érotiques et de préservatifs est censée pouvoir étayer cette hypothèse selon les autorités.
Par ailleurs, lors d’une perquisition au domicile d’un homme associé à ce dossier, les policiers ont déclaré avoir trouvé des sous-vêtements militaires, ce qui a donné lieu à une mise en examen pour possession et port illégal d’équipement militaire.
Le 3 septembre, 9 personnes arrêtées ont finalement été transférées à la prison centrale de New Bell, à Douala, dans l’attente de l’organisation d’un procès.
La préparation de la défense des accusés
Le 7 septembre, les suspects ont comparu devant une juridiction militaire à Douala dans le cadre d’une audience relative à des faits d’homosexualité, de possession et de port illégal d’équipement militaire, de corruption de mineurs et de défaut de présentation de carte nationale d’identité.
L’avocat commis d’office, Arnaud Enkam Noubissi, a de son côté tenté de contester la compétence du tribunal militaire, afin d’obtenir le renvoi de l’affaire devant le tribunal civil de Ndokoti.
Son action a abouti à la libération de 2 hommes, tandis que le jeune de 16 ans sera jugé face à une juridiction civile. Les 6 autres hommes inculpés restent en détention.
Les défenseurs des droits humains s’efforcent de réunir les fonds pour obtenir la libération des derniers prisonniers et améliorer les conditions de leur incarcération :
- Récolter 800 000 francs CFA (environ 1 419 dollars américains) pour pourvoir à la libération provisoire des 6 personnes encore détenues.
- Récolter 600 000 francs CFA (environ 1 064 dollars américains) pour assurer la poursuite de la défense des accusés.
- Fournir aux détenus des soins médicaux ainsi qu’un soutien psychologique et social, en particulier concernant le mineur incarcéré.
