Afrique subsaharienne

Cameroun : mort d’un défenseur des droits des personnes LGBTI

Au Cameroun, des militants des droits humains pleurent la mort de Desmond Sone Mbecho, un vétéran de la lutte pour les droits des LGBT au Cameroun.

Par Courtney Stans

Logo de la Plateforme Unity

Logo de la Plateforme Unity

L’année commence timidement au Cameroun, pays criminalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Le président de la Rainbow Cooperation n’est plus des nôtres après plusieurs années de bataille dans la défense des minorités sexuelles.

Il est 17 heures, le lundi 27 Janvier 2020 dans la ville de Yaoundé, précisément au centre hospitalier Jamot où le vaillant Desmond Sone est hospitalisé depuis quelques jours seulement. Longtemps resté malade, tous avaient espoir à sa guérison.

Rainbow Cooperation est un mouvement engagé dans la défense des personnes LGBTI et valorisant également la culture et l’épanouissement au bénéfice de la même cible.

Desmond Sone était un guerrier, un vaillant guerrier qui ne courbait jamais l’échine devant le danger. Très objectif et courageux, il a très vite évolué dans la société civile à travers son expérience puisée du côté d’Affirmatives Action.

Membre de la Plateforme Unity, l’observatoire national des droits des personnes LGBTQI+, il était beaucoup admiré pour sa franchise et sa bonne humeur. D’expression anglophone, il imposait bien l’usage de cette langue dont il était originaire.

Selon le Secrétaire General de la Plateforme Unity : « Desmond était malade mais il ne cessait de nous rassurer sur son état de santé en ces termes : j’irai bien ne vous inquiétez pas pour moi, j’irai retrouver mes parents qui prendront soin de moi ».

Selon les diagnostics, il souffrait d’une infection pulmonaire très avancée

La communauté camerounaise des défenseurs des droits humains est actuellement sous le choc de ce malheureux évènement car pour eux, la communauté devrait rester soudée pour faire face aux difficultés qu’elle rencontre.

A nous les larmes. A toi les fleurs, Desmond.

L’auteur de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-la à info@76crimes.com.


Un article connexe:

Pendant de nombreuses années, Desmond Sone était un défenseur de premier plan des droits des minorités sexuelles au Cameroun.

En 2014, alors qu’il était un des responsables de l’association Affirmative Action, une association dans la lutte contre le sida et pour les droits LGBTI, des menaces de mort l’ont contraint à fuir son domicile et à chercher la securitée dans un refuge.

Voici un article sur cet événement de 2014:

Cameroun: Obligé de fuir en raison de son orientation sexuelle

Par Denis LeBlanc

Des menaces de mort ont conduit un des responsables de l’association Affirmative Action au Cameroun de fuir son quartier depuis le début du mois d’août. La violence homophobe et la complicité officielle dans le harcèlement d’un membre du personnel d’Affirmative Action qui travaille sur un projet de Fonds mondial sont dénoncées par le groupe. Le communiqué de presse de l’association ici-dessous, nous informe qu’il s’est enfui et a pris le refuge dans une maison sûre.

Issa Tchiroma Bakary, Cameroon's minister of communication (Photo courtesy of Camer.be)

Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la communication du Cameroun. (Photo de Camer.be)

On rappelle aux lecteurs que le Ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, à sa déclaration du début de cette année prétendait que les homosexuels sont sûrs au Cameroun. Il avait affirmé, lors d’une conférence de Presse la semaine du 19 janvier, que «il n’existe aucun acharnement judiciaire contre» les homosexuels au Cameroun. Il a ajouté : «Au Cameroun, il y a des homosexuels reconnus qui se promènent librement dans les rues, certains en font d’ailleurs leur gagne-pain, sans en être inquiétés»

L’Article 347 bis du Code pénal criminalise des rapports sexuels entre les gens du même sexe.

Voici le communiqué (légèrement édité) de Affirmative Action:

Obligé de fuir son quartier en raison de son orientation sexuelle

Desmond Sone Mbecho, responsable de la cellule culturelle et pair éducateur dans le projet Fonds Mondial Round 10 VIH à l’association, a reçu des menaces de mort de la part de ses voisins dans la nuit du 7 août 2014. Ceux-ci, lui demandent de partir de son appartement pour un lieu inconnu mais autre que leur quartier à cause de son orientation sexuelle.

Logo de Affirmative acction

Logo d’Affirmative action

Dans la journée du 6 juin 2014, M. Sone qui rend visite à son ami à la brigade de Ngousso, son quartier d’habitation, est interpellé par un officier de police judiciaire l’informant qu’il a une plainte contre lui déposée à la brigade. N’ayant reçu aucune convocation de son enquêteur, mais en toute humilité il accepte se présenter devant l’officier et trouve à l’intérieur son bailleur qui l’accuse de pratique d’homosexualité.

Prenant ainsi acte des accusations celui-ci, il contacte Affirmative Action qui tout de suite dépêche son responsable de la cellule des droits humains pour se rendre sur les lieux. Par la suite ce dernier contacte la CAMNAFAW qui met à la disposition de M. Sone, Me Ndongo Jathan, avocat dans le cadre du projet Fonds Mondial Round 10 VIH, pour effectuer le conseil de l’accusé.

Après un entretien entre les deux parties, ils sont renvoyés pour le lendemain à 16 heures. Le lendemain, les officiers s’entretiennent avec le bailleur et le conseil de Desmond Sone. Au sortir de là, son bailleur vient s’excuser pour avoir proféré de fausses accusation et dit l’avoir fait pour qu’il libère sa maison. Devant le conseil et l’officier, elle lui donne 2 semaines de préavis pour qu’il quitte les lieux.

Plus tard en soirée, M. Sone de retour chez lui se rend à une épicerie de son quartier pour effectuer quelques achats. Grande est sa surprise quand il trouve son bailleur avec des garçons du quartier leur disant qu’il est homosexuel et qu’ils doivent le tabasser et le chasser.

Pris de panique il retourne chez lui où une foule de personne viennent frapper à sa porte et aux fenêtres en lui proférant des menaces de mort s’il ne part pas de ce quartier dans les brefs délais. La peur au ventre et après le départ de ses assaillants, il réussit à se réfugier chez un ami pour la nuit.

Actuellement, Desmond Sone se trouve logé dans «la chambre de refuge» aménagée au sein de l’association Affirmative Action pour recevoir de tels cas.

Affirmative Action dénonce avec la dernière énergie cet acte d’homophobie qui s’insurge à faux aux propos du Ministre de la communication sur la sécurité des homosexuels au Cameroun et demande au gouvernement camerounais de prendre des dispositions adéquates et exemplaires pour réprimer ces actes de haine envers les citoyens camerounais.

Affirmative Action a travaillé avec le REDHAC (Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale) pour la relocalisation de M. Sone.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.