Foi et religion/Moyen Orient / Afrique du Nord

Menacé en Tunisie, Shams demande un soutien

Un affichage du soutien de Shams sur la page Facebook de Shams.

Un affichage du soutien de Shams sur la page Facebook de Shams.

À la veille d’une audience au sujet de son droit d’exister, Shams, l’association tunisienne pour la dépénalisation de l’homosexualité, a publié un communiqué de presse dans lequel elle a demandé le soutien:

  • Des minorités sexuelles « que nous défendons bec et ongles.»
  • Des démocrates qui croient aux droits des personnes.
  • Des humanistes.
  • Des musulmans éclairés.
  • De toutes les autres associations « avec lesquelles nous souhaiterions coopérer et tisser des liens plus forts afin de rendre le débat plus efficace. »
  • De toutes les personnes qui croient en une Tunisie meilleure et plus égalitaire.
Une des affiches postées sur le mur Facebook de Shams.

Une des affiches postées sur le mur Facebook de Shams.

Shams déclare aussi dans le communiqué que la suspension ordonnée de ses activités est une    « regrettable décision qui est parfaitement injuste [et qui] interrompt un débat sociétal primordial pour certaines minorités de la société. »

Le 9 janvier, Shams a annoncé sur Facebook « qu’elle continuera ses activités normalement, vu que l’opposition qu’elle a formulé devant la justice sursoie à l’exécution de la décision de suspension » .

Yade Grendel, le président de Shams, écrit que:

« La situation des minorités sexuelles dans notre jeune démocratie, si démocratie il y a, est assez délicate. Beaucoup de jeunes vivent dans la précarité parce qu’ils ont dû, reniés ou pas, quitter le foyer familial. Ils sont non seulement persécutés par leur famille, leur entourage, la société, mais aussi par l’État qui ne les reconnaît pas et, de surcroît, qui détruit leur avenir en les emprisonnant à cause du fameux article 230 du Code pénal. … Or, au sein d’une démocratie digne de ce nom, ces minorités devraient acquérir leurs droits d’exister dans la dignité la plus totale comme tous les autres citoyens tunisiens.  »

L’association aussi:

  • Remercie tous ceux qui ont osé la soutenir publiquement.
  • Promet que « Même si, par malheur, un jour, Shams est amenée à être dissoute …  l’esprit de Shams sera toujours là. Nous militerons au sein d’autres associations, voire au sein de la société civile en maintenant et en encadrant le débat qui ne vient que de commencer. La lutte sera forcément longue mais nous sommes optimistes. Notre pays a toujours montré l’exemple dans le monde arabe et sera toujours un modèle à suivre par les autres. « 

Voici le communiqué:

Menacé, Shams en appelle a tous les progressistes de Tunisie

Logo de Shams

Logo de Shams

Suite à la plainte déposée par le chargé du contentieux de l’État pour le compte du secrétaire  général du gouvernement, plainte qui met en cause la légalité de l’association et le bien-fondé de ses objectifs, le président du tribunal de première instance a ordonné le 28 décembre 2015 la suspension de toutes les activités de l’association et ce pendant 30 jours. Cette regrettable décision qui est parfaitement injuste interrompt un débat sociétal primordial pour certaines minorités de la société.

La situation des minorités sexuelle dans notre jeune démocratie, si démocratie il y a, est assez délicate. Beaucoup de jeunes vivent dans la précarité parce qu’ils ont dû, reniés ou pas, quitter le foyer familial. Ils sont non seulement persécutés par leur famille, leur entourage, la société, mais aussi par l’État qui ne les reconnaît pas et de surcroît détruit leur avenir en les emprisonnant à cause du fameux article 230 du code pénal.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin du soutient de ces minorités que nous défendons bec et ongles. Nous avons besoin du soutien des démocrates qui croient en les droits (des personnes). Nous avons besoin des humanistes. Nous avons besoin des musulmans éclairés qui peuvent avoir d’autres interprétations de la religion. Nous avons besoin du soutient de toutes les autres associations avec lesquelles nous souhaiterions coopérer et tisser des liens plus forts afin de rendre le débat plus efficace. Nous avons besoin de toutes les personnes qui croient en une Tunisie meilleure et plus égalitaire.

Depuis la création de Shams, nous avons dû faire face à son acharnement médiatique contre notre association qu’on pourrait qualifié de « Shams Bashing » . La plupart des médias ont profité de l’instauration de ce débat essentiel pour faire grimper leur audimat en s’attaquant à une association qui veut protéger des minorités sexuelles. Or, au sein d’une démocratie digne de ce nom, ces minorités devraient acquérir leurs droits d’exister dans la dignité la plus totale comme tous les autres citoyens tunisiens.

Il y a presque un an, lors de notre assemblée générale constitutive du 23 janvier 2015, notre association s’est engagée à lancer un débat sociétal autour de la situation des minorités sexuelles en Tunisie. Nous tiendrons cette promesse en nous battant jusqu’au bout pour pouvoir instaurer ce débat et faire évoluer les mentalités. Nous avons donc fait opposition à la décision liberticide et antidémocratique qui a été prise. L’audience se tiendra ce mardi 12 janvier 2016. Même si, par malheur, un jour, Shams est amenée à être dissoute, sachez que l’esprit de Shams sera toujours là.  Nous militerons au sein d’autres associations, voire au sein de la société civile en maintenant et en encadrant le débat qui ne vient que de commencer. La lutte sera forcément longue mais nous sommes optimistes. Notre pays a toujours montré l’exemple dans le monde arabe et sera toujours un modèle à suivre par les autres.

Nous remercions par la même occasion toutes les associations, politiciens et journalistes tunisiens et étrangers qui nous ont soutenus et qui continuent à nous encourager. Nous remercions tous ceux qui ont cru en nous et en notre cause. Nous remercions aussi tous ceux qui ont osé nous soutenir publiquement.

Le 10 janvier 2016
Yadh Krendel
Président de Shams

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4 réflexions sur “Menacé en Tunisie, Shams demande un soutien

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