Afrique

2 victimes de l’homophobie: émacié, emprisonné depuis 2014

Près de quatre ans se sont écoulés depuis qu’Olivier et Albert ont été envoyés en prison pour homosexualité. Après qu’un voisin homophobe les ait signalés à la police en 2014, ils ont été jugés et condamnés sans avocat pour les défendre.

Images symboliques d'Olivier et Albert, prisonniers gay à la prison centrale de Yaoundé, Cameroun. Les photos ne sont pas autorisées dans la prison.

Images symboliques d’Olivier et Albert, prisonniers gay à la prison centrale de Yaoundé, Cameroun. Les photos ne sont pas autorisées dans la prison.

Par Steeves Winner

Maintenant agés respectivement de 26 ans et 24 ans, les jeunes Olivier et Albert sont condamnés pour homosexualité à la prison centrale de Yaoundé depuis le 25 Septembre 2014.

Restaurateurs de formation, les deux partenaires au moment des faits avaient 22 ans (Olivier) et 20 ans (Albert). Ils menaient une activité commerciale dans un coin de la ville. Rejetés par leur famille à cause de leur orientation sexuelle, les deux petits amis décident de vivre ensemble en louant une chambre dans la zone dite Nsimeyon.

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Tout va bien jusqu’au moment où Albert est injustement accusé de vol par un voisin homophobe qui s’en va directement alerter les policiers. Albert est saisi et mis en garde à vue sans l’assistance d’un avocat et sans communication aucune avec son ami Olivier. Malgré les tortures physiques (bastonnades), il refuse de passer aux aveux.

Pendant ce temps, Olivier recherche ardemment Albert mais il est loin d’imaginer que ce dernier est enfermé au Commissariat depuis 3 jours sans nouvelles.

Lors de la descente de l’équipe d’enquête (police) au domicile d’Albert, grande est la surprise d’Olivier de voir son ami menotté et accusé de vol. Les policiers décident alors de passer en revue leur domicile sans mandat aucun à la recherche des indices du vol.

C’est alors que pendant la fouille, les préservatifs et gels lubrifiants sont saisis par la police qui accuse directement les deux garçons d’homosexuels. Se défendant tant bien que mal, Albert et son conjoint Olivier sont tous les deux mis aux arrêts.

Selon Olivier:

« Nous n’avons pas eu le choix. La police nous a sévèrement torturé et nous sommes passés aux aveux. Sans défense ni visite aucune, nous nous sommes retrouvés ici à la prison centrale de Yaoundé le 25 Septembre 2014 à 17 heures. Nous avons essayé de contacter nos deux familles au secours mais aucune n’a voulu nous défendre.»

Selon Albert:

« Nous sommes arrivés à la prison sans vêtement aucun, sans lit et matelas. On dormait a même le sol sans couverture et se contentait de la ration de la prison qui d’ailleurs n’est pas de bonne qualité. C’est un mélange de maïs et haricot qui ne respecte pas les règles d’hygiène. Après quelques semaines, nous avons eu la gale dans tout le corps. C’est grâce à quelques amis que nous avons pu bénéficier d’un lit pour dormir. »

Jugés sans avocat et condamnés respectivement à 4 ans de prison chacun au Tribunal de Grande Instance de Yaoundé, les deux partenaires tout maigres et recouverts de pathologie sur la peau passent des moments difficiles au sein de cet enfer où ils sont stigmatisés, discriminés, violentés et dégradés par les autres détenus et les autorités pénitentiaires sur la base de leur chef d’accusation — l’homosexualité.

On font le décompte des jours jusqu’à la date de leur libération prévue le 25 septembre 2018.

Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un activiste pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme. Le contacter à steeves.w@yahoo.com.

LE PROJET PAS SEUL / NOT ALONE

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Pour partager et soutenir:

Explication du projet –– de la nourriture et de la transparence:

Articles sur les 3 victimes de la loi injuste camerounaise anti-LGBT qui sont actuellement détenus à la prison centrale de Yaoundé:

 

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