Afrique

Détenu gay au Cameroun veut chanter et danser encore

Éric, à mi-chemin de sa peine d’emprisonnement pour homosexualité, est désireux de sortir de la prison centrale de Yaoundé pour reprendre sa carrière de chanteur et de danseur.

Par Steeves Winner

Cliquez sur l'image pour contribuer à aider les prisonniers homosexuels au Cameroun à travers le programme de nutrition Pas Seul / Not Alone.

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Éric, âgé de 24 ans, un jeune camerounais homosexuel, depuis le 24 janvier 2018 est enfermé à la prison centrale de Yaoundé pour motif d’homosexualité.

Il est un beau jeune homme maniéré au teint clair, d’une taille moyenne avec un regard profond à travers ses yeux noirs foncés. Très vaillant et blagueur, il vient d’une famille très religieuse soit catholique.

Après l’obtention de son BEPC (brevet d’étude du premier cycle) dans un lycée de la cité capitale, Yaoundé, il arrête subitement les études à cause du manque de moyens financiers.

Ses parents n’ayant plus de moyens financiers pour assurer sa scolarité, Il choisit de se lancer dans la culture à travers l’art artistique (danseur et chanteur de cabaret).

Tout se passait bien jusqu’au jour où il est victime d’un coming out forcé à travers des rumeurs sur son orientation sexuelle. Selon lui, ses parents n’ont pas été très surpris de au vu de ses manières et comportements efféminés.

Exposé, Éric fait un gros changement:

« À ce moment, j’ai décidé volontairement de quitter la maison familiale car je ne supportais plus le climat qui y régnait malgré que je n’ai pas perdu ma place au sein de cette famille même si j’étais victime de regard discriminatoire.

« Bref c’était pour moi une souffrance psychologique. Je me sentais coupable et diminuer auprès des miens à cause de mon orientation sexuelle.

Image symbolique d'Éric, prisonnier gay à la prison centrale de Yaoundé, Cameroun. Les photos ne sont pas autorisées dans la prison.

Image symbolique d’Éric, prisonnier gay à la prison centrale de Yaoundé, Cameroun. Les photos ne sont pas autorisées dans la prison.

« Précisément en Octobre 2017, je suis parti de la maison pour m’installer avec un ami dans une chambre qu’on louait qu’ensemble dans un autre quartier éloigné du domicile familial.

« Bien que ma famille n’ait pas été d’accord de mon départ, j’ai choisi de m’en aller pour mon bonheur, ma paix et surtout ma liberté de conscience car auprès de ma famille, mon orientation sexuelle leur faisait du mal.

« C’est alors que, le 21 janvier 2018, j’ai été interpellé dans la rue par les policiers en pleine nuit car je sortais du cabaret. Etant maniéré, ils ont entrepris de m’identifier et de me fouiller. Lors de la fouille, ils ont retrouvé du gel lubrifiant dans mes poches et des photos nues de moi dans mon téléphone qu’ils ont d’ailleurs fouiné sans autorisation légale.

« Après une vive discussion entre nous, car je ripostais, ils m’ont conduit au commissariat pour motif d’homosexualité.

« J’ai fait trois jours au commissariat sans visite aucune de la part de ma famille bien qu’informée par moi à travers un appel téléphonique. (J’ai appelé mon colocataire d’aller informer ma famille de mon arrestation.).

« J’ai été conduit au tribunal de première instance où j’ai signé le mandat de dépôt pour ma détention à la prison centrale de Yaoundé le 24 janvier.

« Quatre mois après soit le 10 avril, j’ai été condamné à huit mois de prison ferme à compter du 24 janvier, avec une amende de 38.000 FCFA à payer [environ 58 euros ou $68 É-U]. Ma sortie officielle est prévue pour le 24 septembre.

« Déjà six mois au sein de la prison, je pense que « la prison est une mémoire de réflexion » , ça fait murir et surtout réfléchir surtout pour nous les personnes homosexuelles.

« Nous ne sommes pas des bienvenues au milieu de tous ces  hors la loi. J’ai déjà été victime de toute sorte de violences (agressions, injures à cause de mon comportement efféminé). Aujourd’hui, je souhaite sortir de cet enfer et relancer mon rêve d’artiste. »

Pour Éric il compte relancer son rêve de chanteur après son retour de la prison. Surtout il espère qu’il pourra retrouver la maison familiale s’il sera encore accepté par les siens même si, depuis son incarcération, aucun membre de sa famille ne lui assiste.

Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un activiste pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme. Le contacter à steeves.w@yahoo.com.

LE PROJET PAS SEUL / NOT ALONE

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Pour partager et soutenir:

Explication du projet –– de la nourriture et de la transparence:

Articles sur les 3 victimes de la loi injuste camerounaise anti-LGBT qui sont actuellement détenus à la prison centrale de Yaoundé:

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2 réflexions sur “Détenu gay au Cameroun veut chanter et danser encore

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