Afrique/Afrique subsaharienne/Commentaire

Burundi: harcèlement, puis soutien pour une jeune lesbienne

par Colin Stewart

Rédaction en français par Denis LeBlanc

Bujumbura scene in Burundi on the shore of Lake Tanganyika. (Photo courtesy of LAfrique.com)

Scène de plage à Bujumbura, au Burundi, sur les rives du lac Tanganyika. (Photo de LAfrique.com)

L’histoire de cette jeune femme de Bujumbura, la capitale du Burundi, apparaît grâce à l’auteur Ruby Pratka, une journaliste basée à Québec, au Canada, qui publie le blog «Year of No Fear» (L’année sans crainte).

Au Burundi, l’intimité de même sexe est passible d’une peine de deux ans de prison.

L’histoire de Dominique

Je vais vous raconter l’histoire d’une jeune fille. Pour protéger sa sécurité on l’appellera juste Dominique car elle a été obligée de nier ce qu’elle était pour échapper a la prison.

Dominique est une fille burundaise comme les autres, elle aime ses amis et sa famille plus que tout mais pour elle le Burundi n’est rien qu un grand hôpital où elle passe son temps en isolement depuis que la police lui a dit qu’elle est malade et anormale, pourtant elle a tout pour réussir un avenir dans la communication et le multimédia, elle aime l’art et les livres, mais dans la société elle est contagieuse.

Ils ne veulent plus qu’elle vive heureuse. Sa famille la soutient mais lui a dit de rester au calme, de quitter ce pays qu elle aime tant. Les burundais ne sont pas habitués à ça, lui disent-elle tous les jours, go biragoye kwumva (C’est difficile pour les gens de comprendre).

Location du Burundi en Afrique.

Emplacement du Burundi, en Afrique.

Pourtant elle a l’espoir d’un jour épater ce pays qui l’a vu naître, qu’ elle aime et qu’elle respecte. C’est pas de sa faute si elle préfère Joëlle a Christophe, alors elle vit depuis peu dans sa bulle car dehors elle est victime des regards, ils cherchent des preuves pour la coffrer.

Ses copines ont crié a l’injustice, on les a accusées d avoir été contaminées. Craignant une mise en quarantaine, elles ont laissé tomber. Alors elles lui rapportent le soir quelques ragots et nouvelles de Buja (Bujumbura, la capitale du Burundi) pour qu’elle tienne le coup, mais Dominique au fond aimerait pouvoir ressortir en paix sans que M. Michel de l’OPJ (Office de la police judiciaire) ne fasse suivre ses moindres gestes espérant que Dominique craque, donc elle s’accroche mais rien n’y fait.

Elle est une cible mais son coeur reste invincible. Elle a des valeurs, des rêves de paix et d’humanité. Dès qu’elle sort c’est l’horreur, elle fait peur et surtout elle est contagieuse, on la juge pour ses habits et sa démarche.

Elle a beau crier qu’elle est normale, qu’elle est entière, qu elle supporte mal qu’on la traite comme si elle était en guerre, qu’ elle ne mérite qu on la prive de sa liberté d aimer. Comment l’amour peut être jugé par les hommes? Elle est gênante dans la société. Elle est l’ennemi. Dominique est le danger absolu parce elle est une femme burundaise de 24 ans et elle aime une autre femme.

Ça ira bien, Dominique

Ruby Pratka écrit:

One of many encouraging messages that distant supporters sent to Dominique via Facebook.

Un de beaucoup de messages encourageants que des sympathisants éloignés ont envoyé à Dominique par Facebook.

J’ai reçu ce cri de coeur sur Facebook, en même temps que quelques centaines d’autres personnes, d’une burundaise de ma connaissance qui a des amis dans les milieux LGBT du Burundi. Au Burundi, avoir un rapport sexuel, aussi consentant soit-il, avec une personne de même sexe, est punissable d’une peine de prison.  A ma connaissance, cette peine n’a jamais été appliquée depuis la promulgation de la loi en 2009, mais son existence est, on peut le comprendre, la cause d’une grande malaise chez les LGBT, les gens en questionnement et leurs alliés au Burundi.

Quelqu’un a créé un groupe Facebook, Dominique ntaco azoba (Dominique, rien ne va t’arriver) et un mot-clic (#ntacoazoba) pour soutenir Dominique et d’autres comme elle. Le page a récolté plus de 200 “j’aime” depuis sa création il y a à peine 3 jours.  [Note du rédacteur: La page approchait 500 «j’aime» au début novembre.]

Depuis la sortie de ce texte anonyme, il a reçue des dizaines de commentaires, presque uniformément positives. C’est encourageant.

Un groupe Facebook ne va pas changer le monde dans une nuit. Mais rassemblons-nous, rien que pour dire à tous et toutes les Dominiques qu’ils ne sont pas brisé(e)s, et surtout qu’ils ne sont pas seul(e)s.

Le texte en italique ci-dessus est  © Dominique NTACO azoba. Le texte non-italique sous le titre «Ça ira bien, Dominique»  est  © Ruby Irene Pratka. Ces comptes sont utilisés avec la permission de Ruby Pratka.

Articles reliés:

Publicités

2 réflexions sur “Burundi: harcèlement, puis soutien pour une jeune lesbienne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s