Afrique subsaharienne

Cameroun : 4 communautaires homosexuels dans un mauvais panneau

 

Par Courtney Stans

Engagés dans la lutte contre le VIH/Sida auprès des populations clés notamment les MSM, quatre activistes communautaires dont une femme transgenre passent une mauvaise période après les affirmations d’un bénéficiaire d’une activité de sensibilisation.

Logo de l'association 2HRC

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Tous majeurs, AL, MO, GY et SR sont des activistes engagés au sein de l’organisation 2HRC (Health and Human Rights Cameroon) dans la ville de Bertoua au Cameroun. Habitués aux activités de sensibilisation, notamment aux activités de prévention de VIH et de distribution du matériel de prévention auprès des publics cibles (MSM et personnes transgenres), ils sont dorénavant appelés à travailler en stratégie avancée à cause de la pandémie de COVID-19.
Le 14 avril dernier aux environs de 15 heures, après une descente en groupe chez un bénéficiaire au quartier RADIO, les quatre militants seront confrontés à une délicate situation. Au cours de l’activité de sensibilisation réunissant 5 personnes MSM, le matériel de prévention dont préservatifs et gel lubrifiant est distribué.
De retour à la maison, l’un des participants, âgé de 20 ans, va exposer son kit de prévention et ses parents s’en apercevront.
Sur le coup, le jeune sera interrogé sur la provenance du gel lubrifiant qui selon les parents est réservé aux homosexuels. Les multiples menaces mèneront alors le jeune garçon a déclarer : « Ce produit m’a été remis par des amis pour prévenir les cas de IST et se protéger lors des relations sexuelles ».

La localisation de Bertoua au Cameroun.

Il ira de suite montrer le domicile des quatre sensibilisateurs tour à tour. Le scandale éclate alors dans le domicile de chacun d’eux.  Les parents concluent qu’ils sont tous des homosexuels et avertissent le chef de quartier.
La foule abonde avec des injures et des paroles homophobes à l’endroit des 4 jeunes. La femme transgenre, voulant se justifier, est brutalisée par les frères ainés du jeune détenteur du gel lubrifiant. Le lendemain, les quatre sont sommés de quitter leurs domiciles par le chef du quartier avec le concours de leur bailleur.
Notons que deux parmi les quatre cohabitaient et chacun des deux autres vivait dans une chambre individuelle. C’est avec beaucoup de supplication qu’ils n’ont pas été conduits à la gendarmerie.
A ce jour, les quatre militants n’ont plus d’abri et sont abandonnés à eux-mêmes à cette période de crise sanitaire où le confinement est encouragé. La femme transgenre brutalisée présente des blessures graves et se plaint des douleurs aux testicules. On aurait diagnostiqué une hernie.

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