Afrique

Cameroun : Transphobie à visage découvert

Par Steeves Winner

SHAKIRO est une icône transgenre de la ville de Douala au Cameroun. Connue de tous, elle en tire une notoriété, notamment sur les réseaux sociaux à l’instar de Facebook où son compte est régulièrement suivi par plusieurs centaines d’internautes.    

Autour du 25 Octobre 2019, SHAKIRO a diffusé différentes vidéos sur son compte Facebook, notamment, l’une où elle prend l’engagement de ne plus se maquiller et une autre où elle est en plein ébat sexuel. Ces vidéos ont soulevé l’indignation de nombreux internautes.

Des voix se sont élevées et se sont faites entendre pour faire appel à la vindicte populaire contre SHAKIRO qui aurait violé les valeurs et les mœurs ancestrales africaines. La teneur des commentaires est très explicite : « j’ai confiance en la puissance du Saint Esprit qui opère dans l’invisible. C’est aussi pour SHAKIRO que Jésus est mort à la croix afin que si elle se repent et se convertit, qu’elle soit sauvée. Elle n’a pas seulement offensé ses parents mais aussi la nation toute entière et j’insiste sur la délivrance de cet esprit »[1].

La toile s’agite

Plus loin, d’autres font appel au ministère public pour lancer un mandat d’arrêt et inculper SHAKIRO dont les exhibitions déviantes et tendancieuses laisseraient plâner une menace, sur une jeunesse camerounaise en mal de protection. Des craintes s’expriment : « laisser SHAKIRO en liberté, c’est dire oui à l’homosexualité. Et dire oui, c’est encourager nos jeunes frères à la perdition »[2].

Pour Shakiro  , il s’agit de sa vie car elle pense que chacun a droit à une certaine jouissance. Elle précise d’ailleurs : « je suis désolée de heurter la sensibilité de toutes ces personnes, mais c’est juste une façon pour moi d’exister ».

Steeves ajoute : « au regard de tout ce qui précède, le respect des droits et libertés de tout un chacun devrait être l’affaire de tous. Le droit au respect de la dignité humaine est un droit inaliénable quelque soit la manière de vivre d’autrui ».

Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un activiste pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme. Contactez le à steeves.w@yahoo.com.

Moïse Manoel, le rédacteur de cet article, vit entre la Guyane française et Paramaribo au Suriname où il effectue ses recherches. Il est en doctorat de sociologie de l’Université des Antilles. Son champ d’études et de recherches sont les homophobies et les néocolonialités dans l’aire du Plateau des Guyanes en Amérique du Sud.

[1]https://www.facebook.com/100001301044376/posts/715558455521220/?substory_index=21&sfnsn=mo&d=n&vh=i)[2]https://www.facebook.com/100001301044376/posts/715558455521220/?substory_index=30&sfnsn=mo

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