Afrique/Afrique subsaharienne

Rapport: La Gambie arrête, place en détention et chasse les gays

par Colin Stewart

Gambia President Yahya Jammeh (Photo courtesy of WIki Commons)

Le président de la Gambie Yahya Jammeh (Photo de Wiki Commons)

Les autorités gambiennes auraient arrêté deux hommes et un adolescent ce week-end dernier en raison de leur homosexualité et les ont détenus pendant six jours sans les accuser en cour.

Fatu (Fatou) Camara, journaliste et ancien fonctionnaire de la Gambie, a fui le pays l’année dernière. Elle a rapporté sur son site web, le Fatu Radio, que les trois ont été « arrêtés à la discothèque Duplex. Soupçonnés d’être gay, ils sont actuellement détenus à l’Agence nationale des services secrets (ANSS) à Banjul » la capitale gambienne.

L’homme fort gambien, le président Yahya Jammeh est violemment homophobe, référant souvent aux personnes LGBT comme :  «vermines» et «sataniques», «une menace pour la croissance de la population», «anti-Dieu, antihumains, et anti-civilisation.»

Selon la loi gambienne, l’activité homosexuelle est passible d’une peine de prison de 14 ans. En septembre 2014, l’Assemblée nationale de la Gambie a adopté une loi qui imposerait la prison à vie pour certains actes homosexuels, si cette loi est signée par Jammeh, a dit l’Associated Press.

Camara, actuellement  à Atlanta, aux États Unis, a déclaré qu’après ces arrestations, cinq hommes de plus et un groupe de lesbiennes basés au Duplex, une boîte de nuit en Gambie, ont aussi fui le pays de peur qu’ils seraient aussi arrêtés pour homosexualité.

Elle a ajouté, le 12 novembre sur Facebook:

Fatu Camara (Photo courtesy of Laral.net)

Fatu Camara (Photo de Laral.net)

J’ai appris aujourd’hui que les trois hommes soupçonnés d’être homosexuels sont toujours détenus par l’ANSS et ce depuis six jours sans être libéré ou traduit devant un tribunal.

La Constitution de la Gambie exige que toute personne ne puisse pas être détenu plus que 72 heures sans être libéré ou inculpé, ce qui signifie que les droits de ces trois gays ont été violés comme si ils étaient des assassins.

Ce que je défends ici ce sont leurs droits constitutionnels.

Je comprends qu’ils sont détenus dans une pièce très sombre, sans lumière et qu’ils peuvent à peine voir les uns les autres, ce qui est injuste.

Elle a dit que les enquêteurs vont de porte en porte avec un homme gay, pour essayer d’identifier d’autres hommes gais. Elle a également déclaré que les partisans de Jammeh, qu’elle appelle «les garçons noirs de Jammeh,» étaient à la recherche de personnes soupçonnées d’être lesbiennes ou gay. «Nous savons tous que ces «garçons noirs» sont ceux pratiquent la torture et les meurtres pour Jammeh», a déclaré Camara.

Elle a identifié les deux hommes arrêtés comme Alieu Sarr et Morr Sowe. Elle a également identifié le jeune homme de17 ans et a publié des photos de tous les trois.

«J’exige que les autorités gambiennes libère ces trois.  Voir la campagne à # FreeAlieuSarr # FreeMorrSowe [# et #‎Free (celui de 17 ans)]. Il ne faut pas les juger, mais plutôt les soutenir et appeler pour leur libération,  » a écrit Camara.

Sarr avait déjà été arrêté en Gambie en avril 2012 parmi un groupe de 17 personnes accusées d’homosexualité. Tous les accusés ont été libérés sous caution; les accusations contre eux furent abandonnées en août 2012.

"Fatou Camara in crime scene" -- caption on photo of August 2014 incident from Sidisanneh.blogspot.com)

« Fatou Camara en scène de crime » – légende sur la photo lors d’un indicent en août 2014. Sidisanneh.blogspot.com)

Camara a ajouté par la suite que plus de gambiens soupçonnés d’être gays ou lesbiennes ont été pris dans la nuit du 13 novembre.

Camara était ancienne secrétaire de presse de Jammeh jusqu’à ce qu’elle a été arrêtée en août 2013 et accusée de publier de fausses nouvelles «avec l’intention de ternir l’image du président.» Auparavant, elle était animatrice à la télévision en Gambie.

En août, lors du sommet États-Unis/Afrique à Washington aux États-Unis, Camara et d’autres militants anti-Jammeh ont manifesté contre le président gambien. Les gardes de corps de M. Jammeh auraient agressé les manifestants.

L’agence de nouvelles anti-Jammeh, Jollof News, qui rapporte les nouvelles gambiennes de sa base au Royaume-Uni, a dit de l’incident:

L’hôte de talk-show à la télévision, l’ex-gambienne Fatou Camara, qui a récemment mis en ligne son propre site de nouvelles, Faturadio.com, a été transportée à l’hôpital après avoir été agressée à plusieurs reprises; un membre de la sécurité de Yahya Jammeh a été appréhendé pour interrogatoire.

Le président gambien était parmi les 50 chefs d’État africains qui participaient  à la réunion de Washington. Son hôtel a été assiégé par des militants gambiens qui protestaient contre son régime despotique. Les manifestations ont soustrait le Président Jammeh de la plupart du sommet y compris des événements importants y compris la cérémonie d’ouverture et le forum d’affaires.

Pour beaucoup d’observateurs, l’attaque infligée sur Fatou Camara et trois autres militants, Sam Phatey, Coach-Pa Samba Jow et Ousainou Mbenga était en réponse à l’humiliation de Jammeh et de son entourage par les manifestants. Les manifestants ont su exposer le vrai visage d’un régime qui favorise avilissement des droits et des libertés civiques.

Articles reliés:

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s