Afrique subsaharienne

Cameroun : une sextape lesbienne augmente les discriminations

Depuis une semaine, une vidéo lesbienne d’une ancienne footballeuse de l’équipe nationale de football féminine et sa conjointe s’est répandue dans les réseaux sociaux. Cette scène montrant les deux jeunes conjointes en plein ébat sexuel a indigné la Toile et a provoqué une forte intensité de discriminations, injures et désobligeances envers les personnes LGBTI au Cameroun.

Gaëlle Enganamouit (Photo de Sport News Africa)

Par Courtney Stans

Des vidéos montrant Gaëlle Enganamouit, l’ex Team Manager des Lionnes Indomptables, en situation flagrante d’homosexualité font le tour des réseaux sociaux depuis quelques jours.

Devenues virales ces vidéos de l’ancienne Lionne Indomptable Gaelle Enaganouit  peuvent l’exposer à des sanctions pénales prévues par la loi camerounaise. Selon les juristes, elles se plongent  en situation d’outrage à la pudeur, et spécifiquement d’homosexualité.

En effet, l’article 347-1 du code pénal camerounais, l’homosexualité: « Est punie d’un emprisonnement de six (06) mois à cinq (05) ans et d’une amende de vingt mille (20 000) à deux cent mille (200 000) francs toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ». Ainsi, Gaëlle Enganamouit, comme l’on peut l’apercevoir dans les vidéos, aurait effectivement pris des libertés avec cette disposition du code pénal camerounais.

Aucune plainte allant dans ce sens n’a été déposée jusqu’ici, et le ministère public ne s’est non plus saisi de la situation. Aux dernières nouvelles, l’ex attaquante des Lionnes Indomptables aurait quitté le Cameroun, direction la France.

Depuis cette période, les violences contre les personnes LGBTI au Cameroun ont fortement augmenté. Du coté de Douala, on enregistre cinq arrestations arbitraires des personnes gays ou transgenres par les forces de maintien de l’ordre alors que les faits ne sont pas fondés.

Du coté des militants LGBTI, la pression monte.

Selon la militante Mix (pseudonyme)  : « Je vis enfermée depuis le début de cette histoire. Je n’arrive plus à sortir par crainte d’être agressée par les voisins et les jeunes du quartier qui m’appellent la sœur d’Enganamouit , Mama Ciseaux. »

Face à cette montée fulgurante de violences, la plateforme UNITY et ses associations membres interpellent les unes et les autres à plus de discrétion, de prudence et de tolérance. Des mesures de protection et de sécurité sont régulièrement communiquées pour limiter les risques de violences.

L’auteure de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-la à info@76crimes.com.

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