Afrique subsaharienne

D’éminents citoyens s’unissent pour défendre les droits des Camerounais LGBTI

Deux groupes de défense des droits LGBTI parmi les plus éminents du Cameroun ont fusionné leurs efforts pour venir en aide aux victimes de l’homophobie. Ces groupes espèrent faire évoluer la société grâce à l’aide de citoyens éminents qui croient que les droits LGBTI sont simplement des droits humains.

Michel Engama, le président de Camfaids, discute du rôle des participants de RAIL KPV dans l'aide aux personnes LGBTI victimes d'homophobie.

Michel Engama, le président de Camfaids, présente le rôle des participants de RAIL KPV dans l’aide aux personnes LGBTI victimes d’homophobie.

Par Courtney Stans

La lutte contre les violences dont les personnes LGBTI et leurs défenseurs sont victimes a donné l’occasion aux organisations Alternatives-Cameroun et CAMFAIDS de fusionner leurs organes d’intervention pour travailler ensemble avec un réseau encore plus efficace.

Créé en mars 2018 par Alternatives-Cameroun, le Réseau des Acteurs Clé du Cameroun (RACC) est un organe rassemblant les acteurs de la lutte contre les violences que les personnes LGBTI subissent au Cameroun.

Ce réseau est constitué d’une trentaine de membres parmi lesquels des représentants des forces de l’ordre, des hommes de media, des hommes d’église, des prestataires de santé, des enseignants, des membres de l’autorité traditionnelle, des avocats, ainsi que d’autres acteurs de la société civile. Il a pour but d’impliquer et de fidéliser ces acteurs dans la promotion des droits humains et la lutte contre les violences basées sur le genre.

Parallèlement, CAMFAIDS a mis sur pied un Comité d’Intervention Locale Mixte (CILM) constitué des mêmes acteurs clés et œuvrant également à la lutte contre les discriminations, les violences et violations des droits des personnes LGBTI et de leurs alliés au Cameroun.

Composé d’une quarantaine d’acteurs tous concentrés dans la région du Centre et celle de l’Ouest-Cameroun, le CILM enregistre à son actif plusieurs réussites significatives, notamment la libération des cinquante personnes LGBTI arrêtées à Bafoussam.

Au regard de ces outils d’intervention préventive et de réponse, les deux organisations de défense des droits humains se sont accordées pour la fusion du RACC et du CILM afin de créer le Réseau des Acteurs clés d’Interventions Locales auprès des Populations Clés et Vulnérables du Cameroun, abrégé « RAIL KPv ».

Ce n’est pas la première collaboration entre les organisations de plaidoyer LGBTI au Cameroun. Plus de trente de ces associations travaillent ensemble pour soutenir la plateforme Unity, une organisation de surveillance des droits de l’homme.

RAIL KPv diffère de la plateforme Unity, qui est une coalition d’organisations de la société civile.

En revanche, RAIL KPv est un réseau d’acteurs clés qui défendent les personnes LGBTI. Le réseau comprend des officiers chargés de l’application des lois, des avocats, des enseignants, des journalistes et de nombreux autres membres.

Pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus, de nombreuses personnes à la réunion RAIL KPv portaient des masques.

Pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus, de nombreuses personnes à la réunion RAIL KPv portaient des masques.

La réunion de fusion du RACC et du CILM s’est tenue à Yaoundé les 21 et 22 mai 2020 dans une salle réservée pour la circonstance et dans le respect des mesures barrières en cette période de COVID-19

La réunion a été consacrée à la restructuration du mouvement ainsi qu’à la mise en place de nouvelles mesures de travail pour les participants présents. Tous étant prêts à s’investir dans le cadre du RAIL KPv, les interventions ont été riches en propositions, notamment la création d’un groupe WhatsApp pour faciliter les échanges entre les acteurs, le renforcement des capacités des acteurs clés, et la coordination permanente du réseau.

Sous la supervision d’Alternatives-Cameroun et de CAMFAIDS , un plan d’actions serait en cours d’élaboration pour les prochaines étapes.


L’auteure de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-la à info@76crimes.com.

Article édité par Bruno Agar, membre du African Human Rights Media Network, docteur civilisationniste de l’université Paris-Saclay au Centre Universitaire de Mayotte. Bruno s’intéresse aux problématiques médiatiques contemporaines, en particulier dans le contexte africain.

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