Afrique

Cameroun : Agression, menace de mort contre un homme gay

Voici une histoire de deux hommes homosexuels qui se sont disputés, l’un, un pasteur de l’Eglise évangélique du Cameroun, a attaqué publiquement l’autre en l’agressant et dévoilant son homosexualité. En retour, ce dernier a révélé l’homosexualité du pasteur, qui a donc perdu son emploi.

Boris (Photo par Steeves Winner)

Boris (Photo par Steeves Winner)

Par Steeves Winner

Ayant coupé l’entraide financière à l’égard de son conjoint, le pasteur Steeve, Boris se fait attaqué par Steeve et ses frères, puis rejeté par sa bailleresse et tout le voisinage à cause de son orientation sexuelle. Finalement, Boris a contre-attaqué d’où la menace de mort.

Selon la victime Boris, les faits sont les suivants :

« Depuis deux ans et demi, je vis avec  mon ami Steeve âgé, de 34 ans marié et père de deux enfants, qui est pasteur évangélique dans la ville de Douala. Je me suis installé au quartier CCC dans une cité appartenant à sa tante où il m’a rejoint accompagné de son cousin qui n’avait aucun doute sur la relation que j’entretenais avec Steeve.

D’une confiance totale, je me suis ouvert à mon ami en lui confiant ouvertement tous mes comptes bancaires et code Orange Money qui provenaient d’un précèdent travail de restaurateur auprès d’une entreprise. Tous les revenus d’argent étaient en grande partie destinés à la résolution des problèmes de sa famille (paiement des frais de scolarité de ses enfants et sœurs, résolution des problèmes de ses parents, etc.).

Mais Steeve affichait des mauvais comportements à l’instar du vol de mon argent, des tours d’alcool et abusait de ma clémence.

Ayant constaté ce penchant acharné pour l’argent, je me suis repris et j’ai décidé d’ouvrir encore un restaurant car je venais de perdre mon premier emploi et je voulais fructifier mes économies. J’ai annoncé également à Steeve  que je ne lui donnerais plus mon argent.

A cette décision, vinrent les mésententes violentes.

C’est alors qu’à l’aube du 9 février 2019, pendant mon sommeil, Steeve s’est saisi de mon téléphone tout en envoyant des messages sur mon orientation sexuelle accompagnés de mes photos nues à mes différents contacts via WhatsApp et Facebook.

Ayant constaté les faits à mon réveil, une discussion violente déclencha entre nous. Accompagné de ses cousins (son cousin habitant avec nous et ceux du voisinage), j’ai été violemment agressé et à l’aide d’un couteau, il me déchira le pied au niveau de la cheville.

[Une photo désagréable de la blessure peut être vue seulement en cliquant ici.]

J’eus la vie sauve grâce aux voisins qui ont entendu les cris de détresse. J’ai été conduit alors à l’hôpital Laquintini grâce à un voisin moto taximan où je fis mes premiers soins et interné pendant deux jours. Pendant ce temps, Steeve et ses cousins ont volé toutes les affaires de ma maison et de mon restaurant.

N’ayant plus d’abri, j’ai pris une chambre dans un motel en attendant l’arrivée de ma mère qui venait du village Matomb pour me ramener avec elle.

Malgré cela, Steeve et sa famille ont continué à me proliférer les menaces de mort par téléphone et sont même venus m’agresser verbalement de nouveau (sa famille et lui) en criant partout que je suis un homosexuel et je veux détruire la vie de leur fils Steeve.

La localisation de Douala sur la côté du Cameroun.

La localisation de Douala et Yaoundé au Cameroun.

À mon arrivée au village le 12 février, la famille de Steeve et lui-même n’ont pas cessé de m’envoyer les messages de menaces en publiant de nouveau mes photos nues.

Face à cette situation, j’ai également entrepris de faire parvenir les photos nues de Steeve à sa hiérarchie pastorale. Le 14 février, Steeve a été déshabillé pasteur et renvoyé. Depuis son renvoi, je me sens en danger permanent car sa famille et lui ont juré d’en finir avec ma vie.

De mon côté, j’ai perdu tout. Je n’ai plus d’abri, plus d’activité commerciale pour être indépendant et gagner honnêtement ma vie. Ma grande famille (oncles, tantes et cousins) m’a rejeté et je suis devenu la risée du village. »

Selon l’ordre des attentes de la victime : Retrouver la mobilité de son pied sérieusement atteint, vivre en sécurité (il aimerait entreprendre une demande d’asile) car il a peur pour sa vie au cas contraire bénéficier des fonds pour relancer ses activités commerciales. Enfin, être relogé.

Deux associations camerounaises qui défendent les droits des homosexuels l’ont aidé:

Alternatives-Cameroun a missionné l’un de ses éléments à Matomb où se trouvait la victime pour le ramener à Yaoundé afin qu’il intègre le refuge de la CAMFAIDS qui a également pris la responsabilité d’assurer son soutien alimentaire.

Alternatives-Cameroun a également entrepris le suivi médical de la victime à l’hôpital militaire de Yaoundé où son pied est pris en charge à travers des consultations, des radios et des examens traumatologiques.

Malgré cette assistance médicale et psychosociale, la victime Boris n’est toujours pas en sécurité car il ne cesse de recevoir des réelles menaces de mort de la part dudit pasteur ayant été radié de la congrégation ainsi que de sa famille.

Il espère quitter rapidement le Cameroun afin de garantir sa sécurité et sa liberté pour une vie paisible et tranquille loin de ses agresseurs et de tous autres regards menaçant.

Si vous pouvez l’aider, contactez Steeves WInner.

Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un activiste pour les droits LGBTI au Cameroun qui écrit sous un pseudonyme. Le contacter à steeves.w@yahoo.

Une réflexion sur “Cameroun : Agression, menace de mort contre un homme gay

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.