Afrique subsaharienne

Cameroun : Des associations LGBTQ s’unissent contres les violences homophobes

Durant ces trois dernières années, le nombre de violences enregistré contre les personnes LGBTI a nettement augmenté car les associations de défense des droits humains ont amélioré leur capacité à documenter ces abus.

Lors d’une conférence de presse tenue le 2 avril au Cameroun, Michel Engama, leader de la Plateforme Unity de surveillance des droits humains, fait le point sur le nouveau rapport sur les violences anti-LGBTI de l’année précédente. (Photo de Camfaids)

Par Courtney Stans

Depuis 2017, trois organisations de défense des droits des personnes LGBTI à savoir la Plateforme Unity et Alternatives Cameroun de concert avec Humanity First sortent chacune un rapport annuel sur le nombre de violences homophobes au Cameroun.

Les trois organisations ont répertorié 578 cas en 2017, 1134 abus en 2018 et 1380 cas en 2019.

Cette année, pour la première fois, les défenseurs des droits de l’homme se sont alliés afin de réaliser un seul et même rapport. Celui-ci comprend 2031 cas d’agressions et de violences homophobes. Ces chiffres ont nettement augmenté grâce à une meilleure collecte des données et une plus grande documentation des violences. Désormais, ces organisations ont plus de bénévoles sur le terrain et de ce fait, elles peuvent enore mieux couvrir le territoire national.

Présentation du rapport sur les violences anti-LGBTI en 2020 au Cameroun. (Photo de Camfaids)

Ce rapport a été rédigé par un collège de rédacteurs composé de 11 personnes notamment les défenseurs des personnes LGBTI d’Alternatives-Cameroun, Humanity First Cameroun Plus, CAMFAIDS, Mouvement LBQ, RITA (le Réseau indépendant des personnes transgenres en Afrique) et la Plateforme Unity (l’Observatoire national des droits des personnes LGBTI).

Le travail des associations a été ralenti par la progression du Covid-19 dans certaines régions, la guerre contre le terrorisme et la crise anglophone au NOSO (des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest).

Cette année, 930 personnes LGBTI ont été victimes de violences basées sur le genre. Les personnes transgenres reçoivent le plus grand nombre de violences dont la nature est majoritairement psychologique.

Seulement 10% des victimes osent porter plainte car elles savent qu’elles ne seront pas soutenues par les forces de l’ordre qui laissent les auteurs de ces actes libres et impunis.

le 2 avril 2021Richard Bale, Haut Commissaire du Canada au Cameroun, a assisté à la présentation pour apporter son soutien au travail de documentation de la violence anti-LGBTI au Cameroun. (Photo de Camfaids)

Le 2 avril 2021, la plateforme Unity a présenté le rapport devant les responsables associatifs, le Haut-commissaire du Canada et du Cameroun et les représentants des médias.

Le Président de la Plateforme UNITY a annoncé : «  c’est une victoire de rendre ce rapport portant sur les violences faites aux minorités sexuelles et de genre pour la communauté LGBTI du Cameroun notamment pour les organisations de défense des personnes LGBTI. Il sera sera étudié afin de construire un environnement favorable pour les personnes LGTBTQ camerounaises. »

L’auteure de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-la à info@76crimes.com.

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