Afrique subsaharienne

Cameroun : plaidoyer en faveur d’une loi sur la protection des défenseurs des droits humains

Le Cameroun a besoin d’une loi pour protéger les défenseurs des droits humains, ont déclaré des militants lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 15 juillet dernier.

Par Courtney Stans

Célébrée chaque année, le 15 juillet depuis 2015 au Cameroun, la Journée Internationale des Défenseurs des Droits Humains vient souligner la persistance des abus et des violations à l’exercice des libertés à travers le pays. Cette date honore également la mémoire de la disparition de l’ancien directeur exécutif de CAMFAIDS, Eric OHENA LEMBEMBE, lâchement assassiné le 15 juillet 2013, à son domicile de Yaoundé.

Les panélistes lors de la conférence-débat et de la conférence de presse de la Journée Internationale des défenseurs des droits humains (Photo de l’African Human Rights Media Network)

Le 15 juillet, au cours d’une conférence de presse organisée au siège de Humanity First Cameroon à Yaoundé, des leaders de la société civile ont émis le vœu de voir le Cameroun se doter d’une nouvelle loi en faveur de la protection des défenseurs des droits humains.

Jean Paul Enama, directeur exécutif de Humanity First Cameroon (Photo de Facebook)

« Il faudrait que cette loi existe afin de pouvoir protéger le travail que ces défenseurs font sur le terrain » a déclaré Jean Paul Enama, directeur exécutif de Humanity First Cameroon.

« Nous allons inclure le gouvernement dans les discussions pour ensemble identifier quel est le  meilleur modèle qui va fonctionner au Cameroun. … Nous allons faire un dialogue inclusif et des actions de plaidoyer et de lobbying » a-t-il dit.

Il a souligné que « notre vœu est de voir exister un tel texte au Cameroun afin que les défenseurs des droits humains  ne soient plus inquiétés lorsqu’ils militent pour une noble cause. Ils militent dans l’intérêt de la société et ne sont pas les ennemis de la nation. Toutefois, il faudrait qu’un terrain d’entente soit trouvé pour que des concertations soient mises en place avec des espaces de délibération, à l’instar de cette Journée Internationale des Défenseurs des Droits Humains ».

Nickel Liwandi, directeur exécutif de Camfaids. (Photo de YouTube)

Pour sa part, Nickel Liwandi Kamen, directeur exécutif de Camfaids, a déclaré : « nous voulons que l’Etat mette sur pied un dispositif qui permette d’effectuer des signalements, en cas de situations critiques auxquelles nous puissions nous retrouver exposés (agressions, intimidations). Une loi aura au moins le mérite de permettre de garantir une certaine liberté et de permettre de disposer d’un recours en cas d’abus. Ce serait déjà un bon début. Néanmoins, sans application de sanctions en cas d’infractions et de violences, une loi seule ne saurait suffire».

Maitre Stéphane Aboa, coordonnateur exécutif de Défenseurs Sans Frontières, pense qu’il faut aujourd’hui sensibiliser l’opinion publique, les hommes politiques, les organismes nationaux et internationaux, afin d’accompagner les défenseurs des droits humains et de valoriser le travail qu’ils produisent au quotidien.

Eva Etongue Mayer, secrétaire-générale de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (Photo de Cameroun-Infos)

Pour Madame Eva Etongue Mayer, secrétaire-générale de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés, « tout le monde peut être défenseur des droits car le défenseur des droits est toute personne qui se sent une volonté d’aider quelqu’un qui exprime un problème en lien avec la jouissance et l’exercice de ses droits civils et poliques. Nous sommes tous des défenseurs des droits, il n’y a pas de statut particulier. Par contre, dans la société pour que cette parole militante soit audible, elle a besoin d’un cadre et c’est ce que peut éventuellement apporter une loi. Cette parole doit pouvoir s’exprimer sous le regard de pairs et d’institutions (ONG, Commission des Droits de l’Homme, Eglises) dont le rôle devrait être de pouvoir encadrer l’excercice de cette liberté».

Elle a soutenu toutefois que même en l’absence d’une loi protectrice, le cadre actuel n’interdit pas aux défenseurs des droits humains d’exercer leurs activités. «Nous ne devons pas forcément attendre du législateur une loi sur les défenseurs des droits. Ce qui est important, c’est que vous puissiez avoir la possibilité de pouvoir continuer à vous former quant à un renforcement de vos capacités. C’est même la seule façon d’éviter les pièges et les arrestations. Il faut agir dans le respect du cadre légal » a-t-elle encore souligné.

L’auteure de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Vous pouvez la contacter en lui écrivant à info@76crimes.com.

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