Afrique subsaharienne

Cameroun : IDAHOTB à l’ère de la COVID-19

Confrontée à l’urgence et à la crise sanitaire internationale, la communauté LGBTI du Cameroun fait face aux mesures nouvelles mesures de confinement et aux gestes-barrières à adopter, impliquant entre autres l’interdiction de l’ensemble des rassemblements de plus de cinquante personnes. D’où le questionnement suivant, comment organiser les festivités liés à IDAHOTB (International Day Against Homophobia Transphobia and Biphobia), le 17 Mai, dans ces conditons ?

Pour IDAHOBT au centre de CAMFAIDS à Yaoundé au Cameroun, cette activité de sensibilisation contre les violences était organisée avec des mesures barrières contre Covid-19.

Par Courtney Stans

Les organisations communautaires du Cameroun ont développé de nouvelles stratégies de travail à distance telles que le « télétravail » afin de s’adapter à la situation et d’assurer une certaine continuité des missions et des activités. Malgré l’accent mis par le gouvernement camerounais à la lutte contre la pandémie liée au COVID-19, les ONG ont déployé des efforts afin de ne pas faire passer sous silence IDAHOTB, le 17 Mai.


ALTERNATIVES – CAMEROUN a par exemple entrepris de faire un video-montage retraçant l’histoire de la lutte contre l’homophobie au Cameroun, au cours des 15 dernières années. Ce support est un vecteur d’échanges pour libérer la parole autour des LGBTphobies, afin de briser le silence.


Le 17 Mai a aussi été l’opportunité pour HUMANITY FIRST CAMEROUN en collaboration avec ALTERNATIVES CAMEROUN, de communiquer auprès des media et du grand public, la publication du rapport annuel de 2019 intitulé cette année : « un silence complice ». Ce rapport répertorie chaque année les violations et atteintes aux droits fondamentaux des personnes LGBTI au Cameroun.

 


D’autres ONG se sont exprimées en mobilisant les publics LGBTI, notamment, CAMFAIDS à travers des ateliers organisés dans le respect des gestes-barrières. De Bafoussam à Bertoua, 2HRC et COLIBRI ont elles, mis place des moments conviviaux autour de soirées festives donnant ainsi l’opportunité aux personnes LGBTI de s’exprimer positivement. D’ailleurs à Bafoussam, près de 50 personnes, ont été mises en garde à vue par les forces de l’ordre, pour motifs de « proxénétisme » et d’homosexualité.


Enfin, certaines ONG telles que DEFENSEURS SANS FRONTIERES ont choisi de reporter leurs activités prévues pour le 17 Mai.


C’est donc entre joie et tristesse mêlées, dans un contexte sanitaire inédit que s’est déroulée la journée IDAHOTB.


Selon LOP (pseudonyme), un leader communautaire : « l’essentiel n’est pas toujours l’organisation d’une multitude d’activités lors du 17 Mai. C’est davantage le lancement d’un signal fort donné aux acteurs de violences homophobes et transphobes qui importe, afin de leur faire comprendre les frustrations que nous vivons, ainsi que l’amour que nous pouvons partager ensemble. Briser le silence c’est interpeller les consciences ».

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