Moyen Orient / Afrique du Nord

Le mariage homosexuel est toujours illégal en Tunisie !

Trente-cinq groupes LGBTQ+ et de défense des droits humains se sont réunis pour démentir l’idée, répandue par des articles de presse erronés, selon laquelle la Tunisie aurait accepté le mariage homosexuel.

Par Colin Stewart

L’article du magazine Out sur le mariage homosexuel en Tunisie était accompagné de ces deux photos – une manifestation LGBTQ + (à gauche) et le président de Shams, Mounir Baatour, qui a fui en France pour échapper aux poursuites en Tunisie.

Les 35 organisations ont également exprimé leur solidarité dans la lutte pour la justice et l’égalité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

La fausse idée a commencé à se répandre fin avril après que le groupe tunisien LGBTQ + Shams a publié sur Facebook que le mariage français d’un Français avec un Tunisien avait été enregistré en Tunisie.

Cet acte administratif était apparemment une erreur ou un malentendu, mais il a conduit à une couverture médiatique impliquant un changement de position de la Tunisie sur le mariage homosexuel. La fausse impression a été véhiculée par des titres et des articles dans de nombreuses publications, dont BusinessNews en Tunisie (« La reconnaissance d’un mariage homosexuel en Tunisie dérange »); l’agence France-Presse via MediaPart.fr (« Une mairie tunisienne enregistre un mariage homosexuel contracté en France »); le magazine Out (“This Gay Marriage Was Recognized in Tunisia — Now There’s an Uproar”) ; le Jerusalem Post (“Tunisia may have become first Arab country to recognize gay marriage”); et le Daily Mail de Londres (“LGBT group claims Tunisia has become the first Arab state to recognise gay marriage despite homosexuality being illegal in the country.”)

 

Organisations signataires du communiqué sur le mariage homosexuel en Tunisie.

Communiqué Commun du 6 mai 2020

Le mariage homosexuel est toujours illégal en Tunisie !

Malgré les articles qui ont circulé dans les médias et les réseaux sociaux dernièrement, le mariage homosexuel est toujours illégal et non reconnu en Tunisie, indépendamment du lieu où il a été contracté. Nous exhortons les journalistes, les allié.e.s ainsi que les autres organisations à cesser de partager cette désinformation et de s’assurer de la véracité de toute information auprès de sources dignes de confiance et de militant.e.s au fait de la situation. 

L’homosexualité en Tunisie est passible de trois (3) ans de prison selon l’article 230 du code pénal. Le partage massif et la diffusion de cette désinformation n’a fait qu’exacerber les tensions et la violence envers la communauté LGBTQI+.

En plaçant la communauté queer sous le feu des projecteurs, une couche d’hostilité a été rajoutée par des queerophobes visant la communauté et diffusant des discours de haine.

L’activisme queer se renforce en Tunisie et dans la région MENA.

Aux prises avec la tension, la lutte et la situation de vulnérabilité renforcée par le Covid-19, l’activisme queer ne cesse de se renforcer en Tunisie et dans la région MENA. Les structures et les alliances LGBTQI+, qu’elles soient formelles ou non, continuent d’exister et de contribuer à la lutte pour les droits des personnes queer.

Il existe de nombreux projets et initiatives qui visent à soutenir les membres de la communauté Queer/LGBTQI+, par le biais d’un soutien juridique, médical, social, de renforcement de capacité, mais aussi par le biais de l’art étant un moyen de sensibilisation et un espace sûr pour consolider nos visions intersectionnelles de la lutte. A cet effet, nous tenons à saluer les efforts et le courage de toutes les organisations queer de la région MENA.

Nous travaillons en étroite collaboration depuis longtemps, malgré les innombrables tentatives d’intimidation, et nous sommes fermement engagés à poursuivre notre travail, car la sécurité et la sûreté de la communauté LGBTQI+ sont nos priorités absolues. Nous exprimons notre solidarité envers les communautés LGBTQI+, les réfugié.e.s, les demandeur.e.s d’asile, les migrant.e.s et les travailleur.ses du sexe qui subissent oppression et violence. 

Nous existons et nous continuerons à nous battre pour nos droits et pour obtenir l’égalité entre tous.tes !

الممضون.يات-Signatories-Signataires:

  • Initiative Mawjoudin pour l’égalité (Tunisia)مبادرة موجودين للمساواة

  • Association tunisienne de prévention positive / ATP+ (Tunisia) الجمعية التونسية للوقاية الايجابية 

  • Damj pour la justice et l’égalité (Tunisia) دمج للعدالة والمساواة  

  • Association Outcast (Tunisia) جمعية منبوذات

  • Association Alwani (Tunisia) جمعية ألواني للتنمية

  • Gayday magazine (Tunisia

  • Collectif Intersexes tunisien المجموعةالتونسيّة للبينين.ات جنسيا

  • Association pour la promotion du droit à la différence – جمعية تفعيل حق الاختلاف (Tunisia

  • Amnesty International section tunisienne – منظمة العفو الدولية فرع تونس

  • Kun organisation (Libya) كُن

  • Collectif Aswat contre les discriminations (Morocco)

  • Kasbah Tal’fin (Morocco)

  • Coalition Maghrébine Queer (Maghreb)

  • My.Kali Magazine (MENA region) – منصة ماي كالي الإقليمية

  • Queer Of the Bled (international) – كوير أوف ذو بلاد

  • Quzah (Libya) – قزح

  • Mosaic (Lebanon) – موزاييك

  • Dynamique Trans (Morocco) – دينامية الترانس

  • Nassawiyat (Morocco) – نسويات

  • Liqaat – لقاءات (Morocco)

  • Groupe d’action féministe (Morocco)

  • Rainbow Street (international)  رينبو ستريت

  • Collectif SAQFE-سقف (Morocco) 

  • Atyaf – أطياف (Morocco)

  • Aman –  أمان (Jordan) 

  • Arab Foundation for Freedoms and Equality (AFEMENA) (Lebanon) – المؤسسة العربية للحريات و المساواة

  • Mesahat Foundation for Sexual and Gender Diversity in Egypt & Sudan مؤسسة مساحات للتعددية الجنسية و الجندرية في مصر و السودان

  • Access Now (international) 
  • Young Queer Alliance ( Mauritius)
  • Success Capital (Botswana)
  • Association des Jeunes Leaders pour l’éducation et le Développement Socio-Économique en Afrique (AJLEDSE Africa) 
  • African Queer Youth Initiative (Africa) 
  • Aswat Nissa (Tunisia)
  • Shades of ebony ظلال الابنوس (sudan)  
  • Dana Social Group

Colin Stewart, auteur de cet article, est l’éditeur des blogs Erasing 76 Crimes (76crimes.com) et 76 Crimes en français (76crimesfr.com) et le président de la Fondation Saint-Paul pour la réconciliation internationale.

Article édité par Bruno Agar, membre du African Human Rights Media Network, docteur de l’université Paris-Saclay au Centre Universitaire de Mayotte. Bruno s’intéresse aux problématiques médiatiques contemporaines, en particulier dans le contexte africain.

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