Afrique subsaharienne

Poussée anti gay au Congo prend au piège 2 lesbiennes présumées

Rédaction en français par Denis LeBlanc
(Also published in English)

Kinshasa is in the western part of the Democratic Republic of Congo. (Map courtesy of Africa.com)

Kinshasa est dans la partie ouest de la République démocratique du Congo. (Carte de Africa.com )

Dans une tentative apparente de stimuler les chances pour une loi anti- homosexuelle en la République démocratique du Congo (RDC), des militants des droits de la personne rapportent que deux lesbiennes présumés ont été arrêtés le 27 mai à Kalamu, dans l’ouest du Congo.

Ces femmes qui dirigent un bar à Kalamu, un voisinage de Kinshasa dans la capitale de la RDC, ont d’abord été arrêtées sur des accusations de l’extension de la terrasse de leur bar dans une voie publique. Mais elles ont ensuite été affichées à la télévision locale en tant que lesbiennes présumées.

Le bulletin de nouvelles télévisé a fait référence au projet de loi en fin d’année dernière par le député Steve Mbikayi, qui interdirait l’activité homosexuelle et imposerait des peines de prison allant de trois à cinq ans ainsi qu’une amende de 1 million de francs congolais (environ 1000 $). Si la loi est adoptée, une personne transgenre ferait face à la même amende et une peine de prison de trois à 12 ans.

Un projet de loi comparable était proposé en 2010, mais n’a pas réussi.

Un militant congolais affirme que cette fois-ci, dans les mois qui ont suivi la proposition du projet de loi de Mbikayi, la police a arrêté et emprisonné de nombreuses personnes LGBT.

Le Think Africa Press a rapporté sur l’impact potentiel du projet de loi :

«Dans la ville [de Kinshasa], nous connaissons des gays et des travestis qui sont connus et acceptés par leurs communautés. Personne n’aurait essayé de les attaquer», explique Olivier Okakessema Nyamana, un avocat d’une ONG qui travaille avec les personnes séropositives. «Pour moi, il me semble de l’opportunisme politique.»

Ce point de vue est partagé par Patrick Čivava, un avocat employé au Centre pour les droits de la personne de l’Université de Kinshasa. Il voit le projet de loi Mbikayi comme cherchant à attirer l’attention. «Voyant que l’homosexualité en Afrique est maintenant entrée dans le débat international, il veut simplement attirer l’attention sur lui-même.»

Avec la prochaine session parlementaire imminente, d’autres sont plus pessimistes. «Ma crainte c’est que le projet de loi passera la semaine prochaine sans que personne s’en aperçoive» explique Françoise Mukuku, directeur exécutif de Si Jeunesse Savait, une organisation féministe qui milite aussi pour les droits des personnes LGBT en RDC.

Par ailleurs, Hilaire Mbwoli, directeur d’une organisation locale qui offre des conseils et du dépistage du VIH/SIDA exprime son inquiétude en raison de la façon dont le projet de loi pourrait avoir un impact sur ​​la santé publique. «Une loi comme ça bloque la lutte contre le VIH/SIDA. Il sera difficile pour nous de réaliser le test pour le VIH.»

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