C’est la bonne nouvelle en cette fin d’année dans les Caraïbes, alors que dans certains territoires de la région comme la Jamaïque et le Guyana sont toujours confrontés à la pénalisation de l’homosexualité, dans d’autres îles de la région, c’est le mariage entre personnes de même sexe qui deviendra possible, notamment dans les Antilles néerlandaises. En l’occurence à Sint-Maarten, à Curaçao et à Aruba, alors que le mariage homosexuel était déjà rendu possible à Bonaire à Saint-Eustache et à Saba qui sont des îles qui ont un statut communal avec un régime d’assimilation législative avec le territoire métropolitain des Pays-Bas.
Alors que les Pays-Bas sont un pays connu pour être en pointe dans les combats en faveur des personnes LGBT+, jusqu’à présent, telle une anomalie, les 2 parties constitutives du Royaume faisait de la résistance, à savoir Curaçao et Aruba.
Pour 76crimes, Mario Kleinmoedig de Fundashon Org ouyo Korsou (Curacao Pride Foundation), nous livre son ressenti teinté de joie et de soulagement.

Mario Kleinmoedig : « Beaucoup de ressortissants LGBT+ des îles d’Aruba et de Curaçao vont se marier à Saba ou à Bonaire pour avoir l’impression de jouir de droits qui leur sont automatiquement déniés dès qu’ils reviennent mettre les pieds à la maison. C’est une honte, car nous avons le même passeport et la même nationalité que les autres personnes issues des Antilles néerlandaises. A Sint-Maarten, la situation est encore plus absurde, car sur la même île côté français, les gens peuvent se marier.
Concrètement concernant les successions les couples de personnes de même sexe doivent s’acquitter d’une taxe de 36% du montant total de la valeur des biens dont ils souhaitent hériter car ils sont considérés comme célibataires. Or pour les couples hétérosexuels dont le mariage est reconnu, ce taux n’est que de 6%. On passe du simple au sextuple.

Des tentatives ont été faites pour éviter d’aborder le sujet du mariage entre couples de même sexe, en particulier à Curaçao, avec des propositions d’accorder aux couples ayant des relations de long terme, un taux de taxation équivalent à celui des couples hétérosexuels mariés, mais les activistes LGBT+ n’en veulent pas. On demande juste la dignité et l’égalité des droits ».
76crimes : « Qu’implique la décision rendue dernièrement par la cour suprême de justice du Royaume Pays-Bas qui siège à La Haye ? »
Mario Kleinmoedig : « Un couple de femmes lesbiennes avaient fait valoir l’inconstitutionnalité de la non-reconnaissance des mariages entre couples de même sexe contractés à Saba, sur le territoire de la juridiction de Curaçao, en violation avec le principe de non-discrimination consacré par la constitution de Curaçao et du Royaume de Pays-Bas plus globalement.
Après avoir donné gain de cause au couple de lesbiennes le 6 décembre dans un rendu de la cour de justice des Antilles néerlandaises, le gouvernement chrétien conservateur de Curaçao sous la houlette de Gilmar Pisas a immédiatement interjeté appel.
Appel dont la cour suprême de justice des Pays-Bas – la plus haute autorité judiciaire du pays – s’est saisie avec une assez grande rapidité, puisque 15 jours plus tard, les magistrats siégeant à La Haye ont confirmé le rendu de la cour de justice de Willemstad.
Aujourd’hui, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe à Sint-Maarten, Aruba et Curaçao n’est plus qu’une question de semaines et devrait coincidée avec le mois des fiertés entre fin mai et la mi-juin de l’année 2024 ».
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