Afrique subsaharienne

Cameroun: Aide juridique gratuite pour les clients LGBTQI ou séropositifs

Par Ghislain J. Nkontchou

Des avocats camerounais se sont réunis en juillet et se sont engagés à aider les personnes vulnérables, y compris la communauté LGBTI, à accéder facilement à la justice.

La conférence de juillet où CAP a été fondé.

Pour que ce vœu devienne réalité, ils ont formé la Commission des Avocats pour l’Assistance aux Populations clés et vulnérables (C.A.P). La nécessité de la conférence a été établie dans un rapport d’étude intitulé « Pour une justice pénale plus accessible au Cameroun, publié en 2019 par l’organisation camerounaise New Human Rights (NDH). Ce rapport a révélé que non seulement près de 50% des personnes interrogées estiment que la justice camerounaise est terrible, mais aussi que près de 70% n’ont pas facilement accès à la justice.

S., coordinateur exécutif de l’associations d’aide juridique Défenseurs sans frontières (DSF), lors de la conférence a décrit les résultats de deux ateliers préparatoires avec des avocats et plusieurs réunions de concertation avec le Barreau du Cameroun. Le premier atelier (12 et 13 juillet) visait à attirer l’attention des avocats sur les difficultés rencontrées par les populations clés et vulnérables pour accéder à la justice dans le système judiciaire. Le deuxième atelier (14 et 15 juillet) visait à trouver des solutions viables. Lors de cet atelier, la commission (C.A.P) a été constituée par les avocats.

Logo des Défenseurs sans frontières

 Le débat de la conférence a porté sur le lancement de la commission CAP sur l’accès équitable à la justice. La conférence aussi a discuté de l’accès à la justice au Cameroun afin de réduire les lacunes existantes pour ces populations cibles.

Les avocats ont convenu que le droit à une justice équitable est une composante essentielle; c’est pourquoi une telle activité s’aligne sur l’agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable « Un monde de respect universel des droits de l’homme et de la dignité humaine, de l’état de droit, de la justice, de l’égalité et de la non-discrimination ».

En effet, les populations clés et vulnérables dans ce contexte incluent les LGBTQI et les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Aujourd’hui, les obstacles spécifiques à la justice pour ces populations cibles au Cameroun sont sans cesses des cas de discrimination et de stigmatisation contre leurs droits, le manque de ressources financières pour s’offrir des services juridiques.

De plus, Madame C, directrice exécutive de l’association Nouveaux Droits de l’Homme-Cameroun, partageant la même vision, a déclaré dans une interview d’autres difficultés graves auxquelles les populations vulnérables sont confrontées, telles que les arrestations arbitraires, les retards administratifs, les difficultés d’accès aux juges et les longues détentions provisoires.

Elle précise que des peines alternatives existent (travail d’intérêt général, ou TIG; période d’essai) mais ne sont pas toujours disponibles faute d’application de ces peines alternatives. Elle déplore également l’absence d’un mécanisme national de prévention de la torture, qui a été mise en place mais ne semble pas avoir progressé malgré sa reconnaissance par la Commission camerounaise des droits de l’homme.

Par ailleurs, Maître M, prenant acte des carences de la justice, en a profité pour rappeler que les lois ne sont pas établies pour les pauvres comme beaucoup le pensent. Il a déclaré que tout le monde devrait être soumis à la loi/justice quel que soit son statut social. Entre autres, M. a promis de continuer à travailler durement pour que ces populations clés et  vulnérables aient accès à une justice équitable partout ou besoin se fera sur toute l’étendue du territoire nationale.

A l’issue de cette conférence lancée par DSF et Frontline Aids « l’accès facile à la justice » signifie qu’il s’agira de travailler sur la réduction de la bureaucratie/retards administratifs, d’assurer un procès équitable et la CAP constituée d’avocats bénévoles et de défenseurs des droits humains fourniront des services d’assistance juridiques et judiciaires, à ces populations clés et vulnérables dans les 10 régions du Cameroun. Aussi, le DSF et Frontlines Aids sont conscients du contexte juridique et politique difficile de ces populations cibles au Cameroun, et entendent les surmonter à travers l’évaluation des actions et le réajustement des stratégies sur le terrain.

Ghislain J. Nkontchou, l’auteur de cet article, est un militant des droits humains originaire du Cameroun et un étudiant diplômé en affaires internationales au Baruch College de New York.

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