Basée au Grand-Duché de Luxembourg, au carrefour du poumon économique et financier de l’Union Européenne, Sam G. est une entrepreneure queer guadeloupéenne en e-commerce qui a fondé sa propre marque Lovonova en décembre 2023 avec sa femme, après avoir séjourné en Guyane française à la fin de la pandémie liée à la COVID-19.
Voulant alliée marketing, entreprenariat, découvertes et militantisme, à travers Lovonova Sam G. propose une plateforme dédiée à la vente de vêtements, de bijoux, de goodies et de colifichets célèbrant les fiertés LGBT+ partout en Europe : Bénélux, France, Allemagne notamment.
Et ce, sans oublier son île natale, la Guadeloupe, où son leadership produit des émulations au niveau de l’entreprenariat féminin et LGBT+, alors qu’il se sussure qu’une marche des fiertés est en gestation pour l’an prochain, afin de proposer un nouveau produit touristique, nonobstant l’inertie volontaire du Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe à ce sujet.
Pour Erasing 76crimes, nous sommes aller à sa rencontre, au cours de la Marche des Fiertés de Wetzlar, en plein coeur de l’Allemagne dans le Länder de la Hesse, en juin dernier.

Le parcours entreprenarial de Sam G. de la Guadeloupe à Wetzlar
Erasing 76crimes : « En tant que guadeloupéenne, qu’est-ce qui t’amène ici à Wetzlar, dans cette petite ville d’Allemagne de 52 000 âmes ? »
Sam G. : « Dans certaines prides, il manquait certains designs ou ça manquait peut-être un peu d’originalité au niveau des motifs de certains pin’s. Les gens nous adressaient ce type d’informations et avec ma femme on s’est dit qu’il y avait une opportunité commerciale à exploiter pour en faire notre activité.
En outre, titulaire d’un master en marketing digital après une enfance passée en Guadeloupe, j’ai travaillé dans différents environnements en Chine, au Mexique, en Guyane française ainsi qu’à Sainte-Lucie. Aujourd’hui, ce qui me plaît le plus dans mon activité d’entrepreneure est la possibilité de pouvoir se déplacer partout.
Et pour ma femme et moi, l’Allemagne tient une place de choix en Europe, car il s’agit d’un marché très développé de 80 millions d’habitants où l’on a toujours été bien reçues du nord au sud du pays. Les allemands sont un peuple fantastique et l’on est ravi de pouvoir travailler avec eux ».
Le branding de Lovonova
Erasing 76crimes : « Quels sont les produits de Lovonova qui marchent le plus ? De quels produits les clients sont-ils le plus friands ? »
Sam G. : « Ca dépend, comme il fait chaud, ce sont bien sûr les évantails, mais sinon les pin’s sont assez demandés et d’ailleurs nous avons sorti notre nouvelle série, avec des noms de villes allemandes, suisses et aussi des bagues qui peuvent s’ajuster en fonction de la taille du doigt des personnes ».
Erasing 76crimes : « Qu’est-ce qui différencie le public allemand du public des Antilles françaises ou du public de la France hexagonale en termes de choix d’achat ? »
Sam G. : « Clairement, les pin’s sont ce vers lequel ils vont se tourner, alors qu’en Guadeloupe où j’ai un stand ce sont les vêtements ou les casquettes voire les bagues qui vont intéresser les Antillais ».
Erasing 76crimes : « Et à Paris ? »
Sam G. : « A Paris, il y a vraiment un peu de tout, des gens qui sont intéressés par des pin’s, des chaussettes. Il y en a même qui sont intéressés par des drapeaux ».
Erasing 76crimes : « Et pourquoi êtes-vous à Wetzlar à présent ? On ne s’attend pas à devoir vous trouver dans cette petite ville, à l’échelle de l’Allemagne qui compte des cités bien plus grandes ».
Sam G. : « Alors, notre politique, c’est de faire toute les marches des fiertés dans la mesure de nos possibilités entre le Benelux, l’Allemagne, la France et la Suisse.
Bien sûr, Lovonova est présente lors des grandes Prides, notamment celles de Berlin, de Cologne, ou encore d’Amsterdam. De grands classiques.
Néanmoins, on essaie également d’amener nos produits là où on ne les trouve pas, dans des villes plus petites. Je pense ainsi à Wiesbaden (290 000 habitants).
On ne va pas y faire beaucoup de revenus en termes de recettes, mais toutefois, nous avons plaisir à y être visibles et chaque année, il nous tient à coeur d’y revenir, compte tenu de l’accueil qui nous est réservés ».
Le futur de Lovonova
Erasing 76crimes : « Quelles sont les perspectives pour Lovonova après 2 ans d’exploitation ? »
Sam G. : « Après 2 ans d’activité, le 05 juillet on va organiser au Rainbow Center de la ville de Luxembourg une soirée pour marquer le coup et fêter la poursuite du développement de notre entreprise au cours du Grand Opening of Lovonova.
Notre bilan est qu’il est fantastique d’avoir pu rencontrer autant de monde et autant de solidarité, notamment en Guadeloupe, où l’on va coorganiser la pride (en 2026) en partenariat avec Secret’s Out.
Aussi, l’on tient à remercier toutes les organisations comme le centre LGBT+ Cigale, le Rainbow Center ou encore le Rosa Lëtzebuerg ainsi que l’Office franco-québécois pour la jeunesse qui nous ont soutenues. C’est extrêmement positif.
Ensuite, les personnes qui viennent à notre stand sont très ouvertes et se montrent enthousiastes par rapport aux produits que nous proposons.
Ainsi à l’avenir nous souhaitons pouvoir leur offrir des produits qui soient encore plus qualitatifs et davantage personnalisés.
C’est pour cela que nous souhaitons pouvoir étoffer nos designs, tout en poursuivant l’extension de notre couverture géographique, afin de pouvoir proposer nos articles sur des stands en Suède, mais également au Mexique où j’ai déjà vécu.
Enfin, on souhaite agrandir notre équipe, avec des collaboratrices qui puissent nous représenter partout dans le monde. C’est ça notre ambition ».
76crimes : « Et qu’en est-il du site internet en termes de vitrine ? »
Sam G. : « C’est lovonova.com. Grâce à notre boutique en ligne, on livre partout en Europe et jusqu’en Guadeloupe ».
76crimes : « Est-ce que vous faites du B to B ? Est-ce que vous faites de la vente auprès d’entreprises ou d’associations ? »
Sam G. : « On a développé une collaboration avec Cigale, une organisation de défense des droits LGBT+ au Luxembourg pour les aider à commercialiser des chaussettes, mais pour l’heure, ce n’est pas encore notre cœur de cible, du moins, pour l’instant ».

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