Amériques

Guadeloupe : Eric Damaseau nourrit-il une obsession compulsive envers les gays antillais ?

Depuis la fin du mois de mai dernier, le polémiste guadeloupéen Eric Damaseau laisse entendre que le créateur de contenus Ronel Coco mettrait à disposition des vidéos en libre accès sur internet susceptibles de corrompre les moeurs de la jeunesse antillaise.

Pour rappel, récemment ce dernier a été récompensé sur NRJ Antilles au titre d’influenceur de l’année 2025, ce qui avait déjà suscité l’ire de Damaseau sur les réseaux sociaux, ainsi que des dérapages homophobes, au grand damne des militants LGBT+ de Guadeloupe et de Martinique.

Eric Damaseau est un leader d’opinion guadeloupéen résidant à Bordeaux (@espacefm)

Seul le contenu érotique gay dérange Eric Damaseau

Alors que des sites internet comme OnlyFans permettent à des créateurs de contenus à caractère sexuel de monétiser leurs vidéos auprès d’un public mondialisé et d’en vivre, Eric Damaseau se saisit de ce sujet pour attaquer l’influenceur gay Ronel Coco qui est référencé sur Me You More (MYM).

Tandis que MYM compte plus de 350 000 créateurs avec près de 12 millions d’utilisateurs de toute orientation sexuelle et identité de genre, ce sont pourtant les contenus homosexuels masculins qui semblent attirer les foudres d’Eric Damaseau qui y voit « une promotion du makomérisme » (homosexualité masculine en créole) ainsi qu’une incitation à la débauche, accusant Ronel Coco de vouloir « initier les jeunes hommes à devenir homosexuel », avant de conclure par cet avertissement « ne laissez pas nos enfants voir ça »!

Pour les militants LGBT+ antillais interrogés, la mauvaise foi et la haine ne font guère l’ombre d’un doute derrière l’argumentaire de la protection de l’enfance.

Protection des enfants ou atteinte à la liberté économique ?

Sabrina (pseudonyme), incisive, s’en explique : « le modèle économique de MYM qui est une plateforme de vidéos française basée à Lyon est de faire payer les visiteurs, de les inviter à acheter du contenu monétisé pour ensuite rétribuer les créateurs ». Avant d’ajouter : « on est loin de contenus pornographiques en ligne accessibles au tout venant dont les mineurs. Qui plus, il est requis d’avoir 18 ans pour accéder à MYM et des outils de reconnaissance faciale sont mis en place, afin de s’assurer de l’âge de la personne qui souhaiterait pouvoir se créer un compte pour visionner les vidéos ».

Pour Hermine (pseudonyme), « on a affaire a un cas typique de doxing homophobe, une pratique de harcèlement qui consiste à divulguer les vidéos, les photos ou les coordonnées personnelles des individus concernés sans leur consentement, afin de faire un buzz ou de nourrir un scandale. En l’espèce ici, en ce qui concerne une vidéo payante qui rémunère un créateur, c’est encore plus manifeste ».

Un sentiment d’inertie

Gabriella (pseudonyme) de son côté insiste sur le fait qu’une procédure en justice contre Eric Damaseau est en cours depuis maintenant 3 ans : « Une plainte est toujours instruite depuis 2022 et l’on est dans l’attente d’un aboutissement, mais rien ne réfrène pour l’heure la récurrence de ses dérapages verbaux LGBTphobes ».

Enfin Karina de Guadeloupe questionne l’efficacité de la modération de YouTube et constate : « en dépit de la fermeture à plusieurs reprises de ses chaînes YouTube qui lui servent de vitrine, il parvient toujours à retrouver une audience sur ce réseau, en recréant de nouveaux comptes, mais il est temps que cela cesse ».

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