Afrique subsaharienne

Un transféminicide survenu à Abidjan secoue la Côte d’Ivoire

Dans la nuit du 04 au 05 avril dernier, une femme trans béninoise a été selon toute vraisemblance assassinée à Abidjan en Côte d’Ivoire, un pays où elle était établi depuis 4 ans déjà, après avoir fui son Bénin natal. Pour Guadalupe Diakhoumpa (pseudonyme), une activiste sénégalaise qui a vécu à Abidjan, sa situation est révélatrice d’une homophobie insidieuse qu’elle a toujours perçu comme « silencieuse et dangereuse en Côte d’Ivoire », comme elle l’expliquait il y a 2 ans dans nos colonnes.

Jennifer (@Ne Mbuta Diakese /Facebook)

Le déroulé des faits

D’après les proches de la victime, il semblerait que Jennifer ait fait une rencontre avec son meurtrier sur un réseau social, tout en ayant pris la peine de préciser qu’elle était une femme trans au préalable pour dissiper tout malentendu.

Par mesure de prudence, elle avait jugé bon que son soupirant se déplace à son domicile, plutôt qu’elle ne s’aventure la nuit dans un quartier qui lui soit inconnu, d’autant plus qu’elle n’est pas ivoirienne.

Depuis 2021, elle pensait avoir trouvé un Côte d’Ivoire, un havre de paix relatif où elle pouvait jouir de sa transidentité en toute quiétude, loin des regards inquisiteurs de sa famille.

Pourtant, dans la nuit du 04 au 05 avril, elle sera retrouvée sans vie à son domicile, agressée à l’arme blanche et gisant dans une marre de sang.

Avant le drame, ressentant le besoin de prendre les devants, elle avait pris soin de transmettre la photo du jeune homme qu’elle allait recevoir, auprès de ses plus proches amies.

Aussi, c’est ce geste qui a permis très rapidement sur la toile de connaître l’identité de son assaillant.

Les réactions

Pour l’heure, les autorités n’ont pas daigné faire de commentaire et l’instruction judiciaire par les autorités ivoiriennes se poursuit actuellement.

Le jeune homme incriminé invoque quant à lui pour sa défense, « la légitime défense », face à une femme trans pressante et intimidante, en demande sexuellement, qui aurait voulu le forcer à consentir à une faveur sexuelle, contre son gré.

Pour les amies de Jennifer, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « assassinat », un « transféminicide prémédité ».

Prochainement, la justice devra tranchée dans ce dossier qui sera scruté à la loupe par la communauté LGBT+ d’Afrique de l’Ouest, alors que l’affaire a déjà des résonances à l’extérieur des frontières de la Côte d’Ivoire, notamment dans le pays d’origine de la victime.

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