Afrique subsaharienne

Mali : « Les personnes LGBT+ demandent juste de la sécurité rien de plus »

Dans un pays en proie à un violent conflit sécessionniste depuis 12 ans, la junte militaire arrivée au pouvoir en mai 2021 souhaite pouvoir criminaliser l’homosexualité très prochainement, bien que les contours des sanctions prévues demeurent floues.

Pour 76crimes, Moriba (pseudonyme), un observateur attentif des droits humains à Bamako, nous explique les ressorts de cette décision.

Les magistrats de la cour suprême malienne et les chefs de la junte côte à côte (FB: @Présidence de la République du Mali)

Un régime aux abois

76crimes : « Qu’est-ce qui amène la junte malienne à vouloir criminaliser l’homosexualité ? »

Moriba : « D’une part, il y a une volonté de modernisation de l’État et de son code pénal pour mettre fin à des scories du passé tel que l’esclavage par ascendance, d’autre part il y a une volonté de susciter un engouement populaire à peu de frais, sur un sujet qui fait largement consensus culturellement, à savoir le rejet de l’homosexualité.

En réalité, la junte dirigée par Assimi Goïta fait face à une certaine contestation de gens de l’opposition qui souhaitent le retour à l’ordre institutionnel, tandis que le régime s’est mis à dos tant l’Algérie que les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest pour des raisons sécuritaires et politiques, sur fond de brouille avec l’ancienne puissance coloniale, la France.

Dans ce contexte, la criminalisation de l’homosexualité est un dérivatif, alors que la constitution de la 4ème république du Mali entrée en vigueur en juillet 2023, stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme à l’article 9 du chapitre 1 portant sur les droits et les libertés.

En outre, depuis 2011, inspiré par l’imam Mahmoud Dicko, le code de la famille à l’article 522 empêche toute adoption d’un enfant quel qu’il soit par un homosexuel. On a donc un environnement légal qui est déjà très hostile aux personnes LGBT+ et le projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité qui doit être promulgué bientôt, intervient comme une surenchère de la part d’un régime relativement isolé sur le plan diplomatique ».

Un désir de liberté

76crimes : « Que souhaitent aujourd’hui les personnes LGBT+ du Mali ? »

Moriba : « Au Mali on ne réclame pas le mariage entre personnes de même sexe. On veut juste vivre en paix et en toute sécurité. Pourtant il y a des membres de la communauté LGBT+ qui sont parfois traqués sur les applications de rencontre, car il y a des militaires qui s’y connectent pour surveiller ou récolter des informations potentiellement compromettantes.

Aussi, les arrestations ne sont pas rares sous couvert d’atteinte à la pudeur.

Or sans ces applications, comment rencontrer du monde quand on vit dans un pays conservateur comme le Mali ? C’est pour cela que l’on invite les membres de la communauté à devoir redoubler de vigilance.

Depuis 2 ans, on sent comme poindre un durcissement de la société sur ces questions, alors que le Mali a tellement d’autres priorités à gérer pour recouvrer son intégrité territoriale notamment ».

2 réflexions sur “Mali : « Les personnes LGBT+ demandent juste de la sécurité rien de plus »

  1. le mali ne retrouvera jms c frontières d’avt, c mm frontières artificielles ki ont été imposé a tte lafrique par les colons européens et ki ne correspondent nullement aux vrais peuples africains, c mm colons ki ont également importé l’homophobie d’état en afrique, entre autre…

    l’afrique doit commensé a se décolonisé et nn pas faire semblant comme c le cas depuis les décennies 1950-1960…

    c de tt sa dt l’afrique doit se débarassé si elle veut réellement avancé et nn tourné en rond comme elle le fait encore ojourdui…

  2. Pingback: Gabon : La nouvelle constitution ne pénalisera pas l’homosexualité | 76 Crimes en français

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