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Les gays noirs et racisés restent aux avant-postes de la lutte contre le VIH

La 25ème conférence internationale de lutte contre le sida organisée cette année à Münich, en Allemagne, entre le 22 et le 26 juillet a été l’occasion pour le Global Black Gay Men Connect d’organiser sa préconférence, samedi dernier. Le thème à l’honneur cette année avait pour titre : « exiger et obtenir la garantie des financements et de la prévention contre le VIH et la défense des droits des personnes séroconcernées ».

Pour le réseau étatsunien fondé en 2018, qui se donne pour objectif de visibiliser le plaidoyer international des hommes gays noirs vivant avec le VIH, il s’agissait de la première préconférence organisée au cours d’un évènement de pareille envergure.

Photo des délégués ayant pris part à la préconférence du Global Black Gay Men Connect (@gbgmc_international)

Pour 76crimes, Kingford Khanyiso Mkandawire, originaire de Zambie et chargé de programmes auprès du Global Black Gay Men Connect (GBGMC), a accepté de nous livrer les enjeux et les attentes autour des échanges qui se déroulent présentement à Münich.

Réunir rassembler et fédérer

76crimes : « Pourquoi est-ce important pour GBGMC d’organiser une préconférence à Münich, en Bavière ? »

Kingford Khanyiso Mkandawire : « Pour notre organisation notre préconférence est l’occasion de faire venir, à travers des bourses, des participants du monde entier, séroconcernés, qui puissent suivre et prendre part aux discussions à travers leurs questions.

Kingford Khanyiso Mkandawire (@khanyiso_jr sur Instagram)

D’autre part, pour les professionnels travaillant sur les questions en lien avec VIH/ SIDA, il s’agit davantage de pouvoir faire profiter l’auditoire de leur expertise, en termes de retour d’expérience ».

76crimes : « Quelles sont les attentes du Global Black Gay Men Connect ? »

Kingford Khanyiso Mkandawire : « Réunir des personnes et des experts des quatre coins du monde doit nous permettre de saisir ce qui fonctionne en termes de prévention, tout en restant conscient du chemin qu’il reste à parcourir pour pouvoir relever un certain nombre de défis concernant l’accès aux traitements des hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, notamment ».

L’accessibilité de la PrEP

76crimes : « Et dans ton pays, qu’en est-il de l’accessibilité de la PrEP auprès des hommes gays en Zambie ? »

Kingford Khanyiso Mkandawire : « En Zambie, il y a encore beaucoup d’ignorance, avec plein de gens qui ne savent pas que la PrEP existe pour les personnes séronégatives, afin d’empêcher la chaîne de contamination du VIH au sein des groupes les plus vulnérables. Ca a d’ailleurs fait l’objet d’un échange particulièrement intéressant avec un représentant de la firme pharmaceutique John Snow international, tout à l’heure.

Et en ce qui concerne la PrEP injectable, le mode d’administration avec une piqûre douloureuse au niveau du fessier soulève encore de nombreuses de réticences parmi les populations-clef [NDLR : cette expression désigne les personnes les plus exposées aux risques de contracter le VIH/SIDA]. En l’occurrence celles déjà habituées à prendre la PrEP sous forme de comprimés.

En tout cas, cela laisse entrevoir un espace de réflexion collectif autour de l’acceptation thérapeutique des innovations médicales ».

Maintenir les financements

76crimes : « Durant la préconférence, une représentante du PEPFAR a fait une annonce concernant le maintien de l’engagement des Etats-Unis dans le financement de la lutte contre le VIH, quelle est votre réaction ? »

Cedric Pulliam à Münich (@Fabian Vogl)

Cedric Pulliam (secrétaire-général de GBGMC) : « En tant qu’ancien employé du PEPFAR [NDLR : acronyme qui désigne le Plan américain d’Urgence Présidentiel de Lutte contre le SIDA] qui ai travaillé plus spécifiquement sur les thématiques en lien avec les populations clefs, je voudrais dire que c’est un travail qui requiert énormément de dévouement auprès des communautés impactés par la pandémie de VIH/SIDA.

Aussi, alors qu’il y a des tractations politiques qui menacent le maintien du budget annuel du PEPFAR, s’ils peuvent réajuster leur enveloppe budgétaire, afin qu’elle soit en phase avec les attentes des organisations de la société civile, alors on aura réussi à inverser la donne ».

2 réflexions sur “Les gays noirs et racisés restent aux avant-postes de la lutte contre le VIH

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