Les jeunes personnes LGBT+ ont un rôle à jouer dans l’avenir du Cameroun. Or souvent ces derniers sont délibérément tenus à l’écart des politiques publiques, alors même que les autorités chantent l’éloge de la jeunesse en tant que forces vives de la nation camerounaise. Pour 76crimes, Jean-Jacques Dissoke-Maniben dresse une analyse de ce paradoxe, à quelques mois d’intervalle de l’investiture du président Paul Biya qui a commencé son 8ème mandat.

Par Jean-Jacques Dissoke-Maniben
La jeunesse, un thème mobilisateur
Depuis plusieurs décennies, le président Paul Biya place les jeunes et les femmes au cœur de ses discours d’investiture et de ses allocutions du nouvel An, notamment. Aussi, il souligne régulièrement leur rôle moteur dans la construction du Cameroun de demain, les présentant comme des acteurs essentiels au développement et à la stabilité du pays.
Ainsi, dans ses discours d’investiture, Paul Biya réaffirme que les jeunes constituent la « force vitale de la nation » et que les femmes sont les piliers de la société camerounaise, soulignant leur place dans l’éducation, l’emploi et l’insertion socio-économique, tout en les enjoignant à davantage d’engagement politique.
Plusieurs initiatives ont été lancées pour favoriser l’autonomisation des jeunes :
- Le programme national de soutien à l’emploi des jeunes, notamment dans le domaine agricole et du numérique
- La création d’un fonds spécial pour l’insertion professionnelle des jeunes, destinée à soutenir l’entrepreneuriat et l’innovation
Cependant, lorsqu’on analyse la situation des jeunes appartenant aux communautés LGBT+, un décalage saisissant apparaît entre le discours général et la réalité vécue par les intéressés.
Une jeunesse LGBT+ tenue à l’écart des politiques publiques
Les personnes jeunes LGBT+ sont rarement mentionnés explicitement dans les politiques publiques. Elles sont confrontées à une discrimination sociale et institutionnelle qui limite leur accès aux opportunités offertes à la jeunesse en général. Et dans le cadre des projets présidentiels, leur participation reste marginalisée, malgré l’appel général à l’inclusion des jeunes et des femmes.
Les politiques du président Paul Biya placent indéniablement les jeunes et les femmes au cœur même de son mandat. Cependant, pour que cette vision soit pleinement inclusive, il est essentiel que les Jeunes LGBT+ soient reconnus comme faisant partie intégrante de la population jeune du Cameroun.
Leur participation civique et politique, ainsi que leur accès à l’emploi et aux programmes de formation, doivent être garantis afin que le discours présidentiel trouve une expression concrète dans la vie de tous les jeunes, sans distinction.