Afrique subsaharienne

Cameroun : la situation d’une femme trans sans domicile fixe et les conséquences du démantèlement de l’aide américaine au développement

Yas a besoin d’un toit et de soins médicaux, mais les organisations camerounaises manquent de ressources pour pouvoir l’aider, surtout depuis la fin de l’aide au développement américaine, envers les associations de santé en Afrique oeuvrant en faveur des publics LGBT+, notamment les personnes trans.

Yas est une femme transgenre sans domicile fixe

Par Jean-Jacques Disssoke-Maniben

À Douala, Yas, une femme transgenre de 37 ans, vit dans une extrême précarité. Rejetée par sa famille et victime de violences répétées, elle se retrouve aujourd’hui sans domicile, sans accès aux soins de santé et sans protection. Sa situation illustre la vulnérabilité dramatique des personnes transgenres au Cameroun, privées de soutien et d’abri.

Dispositifs d’hébergement d’urgence en déshérence

Par le passé, quelques refuges acceptaient les personnes LGBT+, leur offrant un niveau minimal de sécurité. Mais depuis que les États-Unis ont suspendu le financement du Plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida – connu sous l’acronyme de PEPFAR en anglais – dévolu à l’amélioration des conditions de soins et à la prise en charge du VIH, ces espaces ont disparu.

D’ailleurs, Douala ne dispose désormais d’aucun refuge pour accueillir les victimes de rejet ou de violence basé sur le genre. Et Yas est emblématique de cette situation : depuis 2 mois, elle survit dans un salon de coiffure abandonné, exposée à l’insécurité et à la stigmatisation, dans des conditions critiques où elle tente de cacher son identité de genre à ses compagnons de squat.

Yas a trouvé un coin pour dormir dans un immeuble abandonné à Douala, mais comme elle y est exposée aux regards des passants, elle n’y reste que la nuit.

Des appels restés sans réponse

Malgré les appels lancés par le Fonds mondial par l’intermédiaire de l’organisation à but non lucratif Join Acting Process for the Success of Sustainable Objectives (JAPSSO), aucune solution n’a été trouvée pour Yas. Les efforts de suivi menés par l’association à but non lucratif SOS Solidarity Rights and Health n’ont pas non plus permis à Yas de bénéficier d’un hébergement sûr ou de soins médicaux.

Ces échecs mettent en évidence les lacunes flagrantes dans la protection des personnes trans et LGBT+ au Cameroun, ainsi que le besoin urgent de mettre en place des mécanismes de soutien durables.

Besoins immédiats

La situation de Yas nécessite une action urgente :

  • Un refuge sûr, pour sortir de l’ombre et échapper aux menaces.
  • Des soins médicaux et psychosociaux, pour soigner ses blessures physiques et psychologiques.
  • Un accompagnement pour l’aider à retrouver l’espoir.

Un appel à la solidarité et à la responsabilité collective

Nous lançons un appel urgent aux organisations locales, aux partenaires internationaux, ainsi qu’aux défenseurs des droits humains et aux personnes de bonne volonté : Yas a besoin d’une protection immédiate, son cas n’est pas isolé, mais symbolise une urgence collective.

Soutenir Yas, c’est défendre et rappeler à toutes et tous que personne ne devrait être condamné à vivre caché dans un bâtiment abandonné pour pouvoir survivre. Les donateurs et les partenaires doivent rétablir les financements et renforcer les mécanismes de protection des personnes trans et LGBT+ plus largement au Cameroun.

Pour venir en aide à Yas, écrivez à Jean Jacques Dissoke à l’adresse de courriel suivante : info@76crimes.com.

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