Une enquête pour vol de téléphone portable initiée suite à la plainte d’un marabout de la région de Diourbel, débouche sur l’arrestation d’un groupe de 15 hommes suspectés « d’actes contre-nature ». Au Sénégal, ce chef d’inculpation est passible de 5 ans d’emprisonnement, en vertu de l’alinéa 3 de l’article 319 de la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965. En outre, les coupables risquent une amende comprise entre 100 000 à 1 500 000 francs CFA (de 150 € à 2 200 €).

2 ans de prison ferme requis en attente du délibéré
Les faits relatés par senenews commencent par une banale enquête de gendarmerie pour vol, à la demande d’un dignitaire religieux se plaignant que ses téléphones lui aient été subtilisés.
Très vite le mis en cause livre sa version des faits en justifiant la retention des objets du marabout par une dette d’argent consécutive à un rapport sexuel préalablement monnayé et non payé.
Puis les investigations autour des circonstances de la mise en relation entre les deux hommes aboutissent à l’interpellation et à des perquisitions auprès de 15 hommes, tous soupçonnés « d’actes contre-nature », avec des preuves accablantes liées à la découverte des historiques de messagerie sur le téléphone du dignitaire qui avait téléchargé l’application Whatsapp.
Les personnes impliquées, toutes originaires de Diourbel et de sa région ont été placées en garde à vue et ont déjà été déférées. Pour l’heure, selon nos confrères de seneweb, 13 d’entre elles ont été placées sous écrou en détention provisoire, tandis que 2 autres ont été relâchées.
Alors que le procureur Farba Ngom a requis 2 ans de prison ferme pour 13 inculpés le jeudi 11 décembre, pour l’heure il a été décidé que le tribunal rendra finalement son délibéré en date du 18 décembre.
Des tests anaux forcés pratiqués au Sénégal
Durant les investigations, les médias locaux ont révélé que certains prévenus ont passé des tests anaux afin de pouvoir étayer leur homosexualité, ce qui constitue un acte de torture selon les Nations-Unies.
Aussi, il s’agit du premier cas documenté en la matière dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, en violation manifeste de l’article 7 de la Constitution du Sénégal qui stipule que « tout individu à droit à l’intégrité corporelle ».
Enfin, le statut sérologique d’un des mis en cause a été dévoilé dans la presse ajoutant la stigmatisation autour du VIH à la répression de l’homosexualité.
Les échos de ce dossier se poursuivent jusque dans l’arène politique sénégalaise, puisque Mame Mactar Guèye de l’ONG conservatrice Jamra (la braise en wolof) s’appuie sur cette affaire pour souligner qu’une 6ème proposition de loi de en 9 ans portant sur la surpénalisation de l’homosexualité a été formulée cette année. Abdou Karim Gueye, issu du mouvement associatif Nittu Degg (« Woke » ou « Doubout » en wolof), en est à l’initiative. Il lui est interdit d’entrer sur le sol de l’Union Européenne depuis 2020.
A ce jour, toutes ces tentatives ont échoué ou ont été bloquées.
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