Elle crie haut et fort sur les réseaux sociaux qu’elle lui refuse son vote.
Par Jean Jacques Dissoke
Dans une vidéo TikTok devenue virale, Brenda Biya, la fille du président camerounais, Paul Biya, a annoncéé qu’elle ne lui donnera pas son vote aux prochaines élections le 12 octobre. Ce geste politique a créé un profond clivage entre eux. C’est le combat d’une femme contre un régime ostracisant et emprisonnant les personnes LGBTQ+ au Cameroun.
Une voix queer qui s’élève dans un pays homophobe
Brenda Biya ne se contente pas de refuser son vote à son père. Dans cette vidéo, elle parle des violences systémiques que subissent les personnes LGBTQI+ au Cameroun — y compris de celles qui évoluent dans les cercles privilégiés. Elle parle des menaces de mort, des pressions familiales et des injonctions à se taire. Dans cette vidéo, elle montre la réalité que vivent tant de jeunes queers. Au quotidien, ils ressentent l’exclusion, la peur et le rejet.
Le pouvoir face à sa propre hypocrisie
Tout au long de son règne Paul Biya a renforcé la répression contre l’homosexualité. Son gouvernement tolère les violences contre les minorités sexuelles. Cependant, il est désormais confronté à un véritable paradoxe : sa propre fille fait partie de cette communauté et a décidé de faire son coming-out sur Tik Tok tout en politisant son action c’est à dire en refusant de lui accorder son vote aux prochaines élections. Cette vidéo devenue virale met en lumière l’homophobie et la persécution des personnes LGBTQ+ perpétrée par le gouvernement camerounais. Le silence des institutions face à cette vidéo est d’ailleurs un révélateur. Aucun communiqué a été envoyé à la presse, ils ont préféré ignorer cette nouvelle. Pourtant l’amour queer existe au sein même du palais du président.
Une jeunesse queer prête à se battre pour ses droits
Brenda devient, malgré elle, le reflet d’une jeunesse queer camerounaise qui refuse de se taire. Son refus de voter est un acte de résistance, un total rejet de la politique de son père. Elle se bat contre tous ceux qui condamnent : l’amour entre deux personnes du même genre, la diversité et la liberté. Elle dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Le Cameroun ne protège pas ses jeunes, encore moins ceux qui font partie de la communauté LGBTQI+. »
Un avenir plutôt prometteur.
Le régime peut bien fermer les urnes ou censurer les médias — il ne pourra pas contenir longtemps les voix qui s’élèvent. Désormais, les jeunes riches, privilégiés, proche du gouvernement dénoncent également l’homophobie. Dès lors que l’omerta se brise, c’est tout un système qui vacille.
Quand la fille du président ose dire ce que tant de jeunes n’ont jamais pu crier sans risquer la prison ou la mort, c’est que le mur du silence commence à se fissurer. Cette fissure, nous allons l’élargir, jusqu’à ce que la lumière passe !

