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Un homme transgenre en fuite du Cameroun à Dubaï puis en Ukraine, toujours en quête de dignité

Gaëlle (@facebook)

En pleine transition, Gaël vit un cauchemar fait de racisme, de guerre et de désolation en Ukraine.

Pour rappel, depuis plusieurs années, Gaël a pris la fuite, cherchant à échapper à la violence au rejet et à la brutalité d’un monde qui refusait de l’accepter tel qu’il est. Né au Cameroun, il a été contraint de quitter son pays natal en raison de la transphobie systémique et de la montée des violences à son encontre.

Gaëlle a accepté de raconter son histoire au cours de plusieurs entretiens téléphoniques.

Par Steeve Winner

Un parcours périlleux vers la péninsule arabique

Rejeté par sa famille à Douala au Cameroun en raison de son identité de genre et de son orientation sexuelle, Gaël a saisi la première opportunité d’obtenir un visa en 2021 et de se rendre à Dubaï, aux Émirats arabes unis, dans l’espoir d’y trouver un travail en tant que réceptionniste. Là-bas, il a entamé sa transition afin de devenir un homme transgenre.

Mais la réalité l’a vite rattrapé. Avec une carte d’identité portant la mention de genre féminin, Gaël n’a guère eu de possibilité de pouvoir trouver un travail décent, s’entendant dire qu’il était par trop « visible », par trop « différent » pour mériter embauche. Se retrouvant de facto exclu dans un autre pays que le sien, faisant là une expérience amère.

Puis les mois passant, c’est sous forme d’invitation en Ukraine que l’espoir refit surface, où une camerounaise qui se fait appeler Andee l’invita en juin 2025 à la rejoindre à Kharkov où se trouve un centre universitaire, non loin de la frontière russe.

Les voyages de Gaël de Douala au Cameroun, à Dubaï aux Émirats arabes unis, puis à Kharkov en Ukraine.

Cependant après un court accalmie, grâce à l’obtention d’un visa de 90 jours, Gael s’est retrouvé à nouveau esseulé par le décès de son amie, lors d’un accident de la route survenu lors d’un bref séjour d’Andee au Nigéria.

Une vie en Ukraine sous les bombes non loin de la frontière

Actuellement en deuil, dans une ville âprement bombardée par les Russes, Gael découvre désormais le racisme de riverains qui l’évitent en raison de sa couleur de peau, mais néanmoins, il réussit à survivre à l’aide d’expédients et de menus travaux.

Aussi ayant cessé sa transition hormonale faute d’accès à des soins adaptés, c’est aujourd’hui son poids qui augmente brusquement, tandis que sa santé physique et psychologique se dégrade.

Scruté avec un mélange d’incrédulité, de scepticisme et de méfiance, Gael ressent ce mépris qu’il relate en des mots très crus : « Je suis isolé. Je ne connais presque personne ici et je vis dans une insécurité constante », confie-t-il.

« J’ai essayé de contacter les services publics pour obtenir un soutien pour ma transition, mais rien n’a été fait. Chaque jour, j’ai l’impression de m’éteindre. Je ne regrette pas d’avoir quitté le Cameroun, mais je pensais sincèrement trouver une vie meilleure. Une vie où je pourrais enfin être compris, accepté et vivre librement sans nuire à personne ».

L’appel de l’Europe de l’Ouest

« Ce dont j’ai besoin ce n’est pas d’argent, mais bien d’un lieu de vie empreint de compassion », ajoute Gael qui souhaite pouvoir quitter l’Ukraine et s’installer dans un pays d’Europe ou des Amériques où il pourra enfin reprendre sa transition et vivre en sécurité, loin du racisme.

« J’ai besoin de soutien, d’accompagnement et surtout d’une oreille attentive. Je ne demande ni confort ni luxe, je demande simplement de la dignité. Une chance de pouvoir survivre sans sombrer », dit-il.

Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un journaliste camerounais qui écrit sous un pseudonyme. Vous pouvez le contacter à l’adresse steeves.w@yahoo.com. Vous pouvez également contacter Gaëlle par son intermédiaire.

Une réflexion sur “Un homme transgenre en fuite du Cameroun à Dubaï puis en Ukraine, toujours en quête de dignité

  1. En lisant cet article, j’en viens à me poser la question sur la réelle utilité de toutes ces associations de soutien LGBTQ+ dans nos pays d’Afrique.
    Comme j’ai pu le dire ailleurs, la communauté d’Afrique francophone dans son ensemble, a besoin surtout d’être éduquée (MIN ÉDUCATION).
    Le parcours de Gaël n’en est simplement qu’un exemple parmi tant d’autres hélas.

    Partir pour un mieux être, c’est un choix, un droit, un besoin mais il y’a la façon de partir. Je ne saurais être plus long bienque j’ai tant à dire.

    Bonjour à toutes l’équipe de la rédaction et bien de choses à vous en cette Journée du Jeudi 17 juillet 2025.

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