Pour François* (pseudonyme) un observateur des droits humains de l’Est de la République Démocratique du Congo, l’année 2025 commence sous les pires auspices entre l’annonce de la suspension de l’aide internationale américaine pour 3 mois, depuis le 20 janvier et la reprise des combats dans le Sud-Kivu, culminant avec la prise de Bukavu par les rebelles du M23 samedi 15 février dernier, grâce à l’appui de l’armée rwandaise.
Alors que d’aucuns parmi la vox populi accuse l’Occident de soutenir les rebelles, d’autres insistent parmi les chefs de camps de déplacés à Goma, sur l’appui de ces derniers auprès des minorités sexuelles et de genre, à travers l’action des organisations non-gouvernementales.

François : «Depuis la prise de pouvoir de Donald Trump, la suspension des financements internationaux américains, pour 90 jours, a représenté un coup dur pour nombre d’organisations de la société civile de l’Est de la République Démocratique du Congo qui est une zone de conflits depuis le milieu des années 90.
Comme la région regorge de minerais tels que le coltan, le tungstène, l’or, les diamants, l’étain et le lithium, les groupes armés rebelles arrivent à se financer à travers l’exploitation illégale de gisements, avec l’appui du Rwanda voisin pour pouvoir exporter ces matières premières qui entrent dans la fabrication de smartphones, de condensateurs ou de batteries de véhicules électriques.
Aujourd’hui, ce n’est plus simplement les projets locaux en faveur des minorités sexuelles et de genre qui sont gelés en raison des décisions de l’administration Trump, mais c’est la vie des populations qui est menacée.
Concrètement, les forces armées congolaises ont abandonné des armes de guerre en battant retraite et elles ont laissé derrière elles « de véritables trophées » dont se servent maintenant d’anciens prisonniers ou des criminels qui ont pu quitter les centres pénitenciers qui se sont vidés lors de l’arrivée des rebelles.
Actuellement, les populations de Bukavu vivent cloîtrées à leur domicile pour éviter les exactions et une insécurité paroxystique. De toute façon, en termes d’approvisionnement, rien est ouvert dehors: ni commerce alimentaire, ni banque.
Nous sommes très loin d’une situation de normalité et il se dit que si l’on sort de chez soi, les SMS et les textos sont lus lors des check-points, ainsi que les messages vocaux qui sont écoutés, de même que les photos et les vidéos qui sont visionnées.
Un risque de plus pour les personnes LGBT+, alors que dans le Nord-Kivu à Goma, tombée aux mains des rebelles du M23 le 25 janvier, des voix s’étaient déjà exprimées à l’intérieur des camps de déplacés pour pouvoir insinuer un lien entre le caractère tragique de la situation et leur présence, puisque des organisations de santé sexuelle effectuaient un travail de sensibilisation à destination de ce public.
A présent, entre les rebelles du M23 et le désengagement occidental sur le front humanitaire, il advient aux minorités sexuelles et de genre que de partir ou de compter sur elles-mêmes, en faisant profil bas ».