La junte militaire, dirigée par le colonel Assimi Goïta – auto-promu général depuis octobre 2024 – qui a pris illégalement le pouvoir au Mali le 24 mai 2021, a rendu l’homosexualité – assimilée à un attentat à la pudeur – passible d’une peine de 7 années de prison et de 500 000 francs CFA d’amendes (soit 766 euros ou 786 dollars américains), à l’occasion de la publication au journal officiel de la loi N°2024-027 du 13 décembre 2024.
Pour rappel, le revenu annuel per capita au Mali en 2023 est de 870 dollars américains (USD) par an, soit environ 72 USD par mois (source : Banque mondiale).

– Les pays en rouge pénalisent les relations sexuelles consentis entre personnes du même genre, sans que ces lois ne soient pour l’heure challenger par des groupes de pression agissant en faveur des droits humains.
– Dans les pays en jaune, les lois sur l’homosexualité sont actuellement contestées devant les tribunaux. Le Sri Lanka, en rose est actuellement saisi d’un projet de loi au parlement visant à abroger sa loi contre la sodomie.
– L’Indonésie, en orange, a des lois qui ne criminalisent l’homosexualité que dans certaines juridictions infranationales. N.D.R.L. : En raison de sa nouvelle loi anti-LGBT, le Kenya devrait figurer prochainement en rouge sur une cette carte en cours de préparation.
Une criminalisation de l’homosexualité prévue de longue date
Désormais, le nombre de pays dotés de lois qui pénalisent l’homosexualité est repassé à 65 avec la publication du nouveau code pénal malien, remis au goût du jour par la junte militaire au pouvoir, dans ce pays pauvre et enclavé du Sahel, en butte à des insurrections sécessionnistes et islamistes dans la partie nord et centre de son territoire, en grande partie désertique.
Le 1er novembre dernier, à la veille des élections américaines, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur Washington, le Conseil national de transition au pouvoir au Mali avait adopté à la quasi-unanimité (131 voix pour et 1 contre) le principe de criminaliser l’homosexualité, après 2 années de réflexion.

Les modalités de la pénalisation de l’homosexualité
Aujourd’hui, les récentes dispositions anti-LGBT du nouveau code pénal portent principalement sur l’article 325-2.
Dans ce texte à valeur normative, quoique confus dans son écriture, l’homosexualité est qualifiée d’attentat à la pudeur : « Constitue également un attentat à la pudeur, tout acte de caractère sexuel contre nature commis avec un individu de même sexe ».
En outre, avec une portée beaucoup plus répressive, il est écrit que tombe sous le coup de la loi : « Tout propos, image, écrit public ou privé, tout acte public ou privé, de nature à approuver, encourager, promouvoir ou faciliter l’attentat à la pudeur prévu à l’alinéa précédent (…) est puni d’un emprisonnement de 7 ans et d’une amende de 500 000 francs CFA ».
La nature particulièrement vague des faits pouvant être incriminés, y compris dans la sphère privée, laisse le champ libre à l’arbitraire et aux pouvoirs discrétionnaires des juges et des policiers face aux justiciables, dans un pays où le revenu mensuel disponible est très faible.

Le Mali devrait être rejoint dans quelques jours par le Burkina-Faso voisin, dirigé par une junte militaire également, portant très prochainement à 66, le nombre de pays criminalisant l’homosexualité à travers le monde.
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