Afrique subsaharienne

Cameroun : 4 hommes homosexuels forcés de subir des examens anaux



Les examens anaux sont considérés comme une forme de torture. Il s’agit ici du premier article d’une série.


Cet article est le premier d’une série en trois articles sur le traitement des prisonniers actuellement détenus à la prison de New Bell à Douala au Cameroun. Au nombre de 13, ils ont été placés en détention provisoire, dans l’attente de leur procès consécutif à une descente de police survenue le 30 septembre dernier dans les bureaux d’Alternatives Cameroun, une organisation de lutte contre le VIH qui défend également les droits des personnes LGBT.

La prison de New Bell à Douala.


Parmi les 13 infortunés, le procureur de Douala au Cameroun a ordonné à 4 détenus de subir des examens anaux au début du mois, malgré leurs objections, dans la tentative illusoire de parvenir à prouver leur homosexualité à charge.

Les examens anaux sont depuis longtemps dénoncés par les autorités médicales du monde entier comme une forme de torture abjecte.

Les hommes, 3 membres du personnel d’Alternatives Cameroun et un usager de santé, ont été emmenés à l’hôpital pour y être examinés alors qu’ils étaient placés en garde à vue au commissariat de police, avant de se voir transférer à la prison de New Bell.

Il s’agit de :

  • Denis Watonawa, conseiller psychologiqus ;
  • Oumarou Ousmanou, éducateur pour les pairs;
  • Fotie Zidane, éducateur et médiateur en santé
  • Un usager de 17 ans qui a accusé Oumarou d’avoir eu des relations sexuelles avec lui.

Si les examens ont été autorisés le 3 octobre lors de leur première comparution devant le juge d’instruction chargé du dossier, les détenus, leurs avocats et les défenseurs des droits humains se sont opposés à l’ordonnance du juge.

Finalement , à l’issue des examens, le médecin a déclaré qu’il ne pouvait pas déterminer si les quatre hommes avaient eu des relations homosexuelles.

En outre, les charges contre le jeune de 17 ans ont été abandonnées et il a été libéré.

Mais les 3 autres inculpés, ainsi que Hermine Ngo Ndaptie, responsable du centre d’accueil d’Alternatives Cameroun, restent derrière les barreaux, dans l’attente d’un procès pour homosexualité, en dépit de l’absence de preuve « médicale ». 

Pour rappel, au Cameroun, les relations homosexuelles sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison.

2 réflexions sur “Cameroun : 4 hommes homosexuels forcés de subir des examens anaux

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