Afrique subsaharienne

La police camerounaise arrête 13 personnes au sein d’une association de défense des personnes LGBT+

Alternatives-Cameroun exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues.

Stand d’information lors d’une conférence de lutte contre le VIH organisée en 2021 par Alternatives-Cameroun. (Photo de Courtney Stans)

La police de Douala, au Cameroun, a arrêté 13 personnes lors d’une descente effectuée le 30 septembre dans les locaux d’Alternatives-Cameroun, une organisation qui lutte contre le sida et qui défend les droits des personnes LGBT+.

Parmi les personnes arrêtées figuraient 5 salariés d’Alternatives-Cameroun, 3 usagers, ainsi que 5 employés d’une autre organisation non gouvernementale partenaire souhaitant conserver son anonymat.

Selon un avocat des personnes détenues, les motifs de la perquisition étaient les suivants : homosexualité, traite des êtres humains et exercice illégal de la médecine.

Le rapport intitulé « Coupables par association » sur les violations des droits humains des personnes LGBT+ au Cameroun a été publié par Human Rights Watch en coopération avec CAMFAIDS, Alternatives Cameroun et Humanity First.

Alternatives-Cameroun a publié la déclaration ci-dessous :

Douala le 1er octobre 2024 

13 personnels et usagers d’Alternatives-Cameroun et d’une autre organisation qui souhaite rester anonyme ont été interpelés et gardés à vue dans les bureaux de la Police Judiciaire de Douala. 

Les motifs de leur arrestation sont les suivants selon leur avocat : (i) Traite des êtres humains, (ii) Exercice illégale de la médecine et (iii) Homosexualité.

C’est le lundi 30 septembre, peu avant 17H00 que le Procureur de la République accompagné de policiers dont certains ayant mandat d’INTERPOL, ont fait irruption dans les locaux d’Alternatives-Cameroun, situés à Maképé-Carrefour Patrick Mboma, à Douala. Or, l’équipe d’Alternatives-Cameroun était alors en pleine séance de travail pour clôturer un projet.

Toutes les personnes présentes ont alors été sommées de se regrouper dans la grande salle de réunion, en se voyant interdire l’usage des téléphones mobiles durant la perquisition. Quant au procureur de la République, il a expliqué agir sur ordre de la Présidence de la République – en violation complète de l’indépendance de la justice – afin d’enquêter sur une suspicion de pratiques de traite des êtres humains, tandis que les interrogatoires commençaient.

Logo d'Alternatives Cameroun
Logo d’Alternatives Cameroun

Aussi, toutes les questions tournaient elles autour du rôle et des activités d’Alternatives-Cameroun, à mesure que les paquets de préservatifs et d’huiles de toilette étaient découverts.

Pourtant un simple clic sur la page Facebook d’Alternatives Cameroun aurait suffi à apporter nombre d’éléments de réponses, puisque les populations-clefs, personnes LGBT+, travailleuses du sexe et usagers de drogues sont au coeur de la stratégie de réduction des risques face à la pandémie de VIH au Cameroun.

Enfin, les cartes d’identités de toutes les personnes présentes ont été récupérées et un fichage a été établi incluant un trombinoscope des participants aux réunions. A ce jour, l’on peut relever que 13 personnes ont été emmenées au poste de police sans autre forme de procès.

Parmi les individus arrêtés, l’on retrouve : 

Des salariés d’Alternatives-Cameroun (5)

  • Lucien EWANE, Président
  • Hermine Ngo Ndaptie, DIC Manager
  • Denis WATONWA, Conseiller psych
  • Oumarou Ousmanou, Pair Educateur
  • Fotie Zidane, Pair éducateur 

Des usagers d’Alternatives-Cameroun (3) 

  • Un bénéficiaire de 17 ans
  • Un collégien âgé de 19 ans
  • Un étudiant âgé de 21 ans

Des salariés de l’association partenaire (5)

  • Dr Arnaud
  • Rose Lummafor
  • Yves OKALA
  • Jennys
  • Un chauffeur 

Ce mardi 1er octobre 2024 à 14H00, toutes les personnes interpelées se trouvaient toujours retenues dans les locaux de la police, bien qu’Alternatives-Cameroun ait apporté preuves à l’appui l’ensemble des agréments établissant la légalité de son activité auprès du ministère de la santé publique.

A ce jour, nul élément ne soutient l’hypothèse d’implication d’Alternatives-Cameroun dans la traite des êtres humains et d’autre part le fait de travailler au contact de publics spécifiques n’implique pas une apologie, ni une incitation à l’homosexualité.

Alternatives-Cameroun et son partenaire associatif demandent que leurs salariés et usagers soient relâchés incessamment sous peu.

Pour Alternatives-Cameroun,
Le Directeur Exécutif ,
MAKANDA DAVID

3 réflexions sur “La police camerounaise arrête 13 personnes au sein d’une association de défense des personnes LGBT+

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