La nouvelle organisation de lutte contre les préjugés anti-LGBTI+ met en relation des militants, ainsi que des activistes, avec des experts en gestion de coûts et des bailleurs de fonds.
Par Steeves Winner

Une nouvelle organisation de défense des droits humains vient de voir le jour au Cameroun. Elle s’intéresse plus particulièrement aux droits des personnes LGBTI+.
Piloté par Jean-Jacques Dissoke Maniben, ancien responsable du plaidoyer chez Alternatives Cameroun, «One Advocacy Africa» travaille depuis deux mois à l’élaboration d’une nouvelle stratégie de réduction des violences LGBTIphobes au Cameroun.
Il est à l’origine des programmes baptisés Bienvenue Chez Dissoke, dans lesquels les organisations de la société civile apprennent des partenaires techniques et financiers en les rencontrant directement.
Les données et les rapports qui documentent les violences ayant un rôle incontournable, Jean-Jacques Dissoke Maniben a d’ores et déjà affirmé son attachement à poursuivre une stratégie de collaboration étroite avec la « plateforme Unity » et les 34 organisations LGBTI+ qui la compose, au titre de sa mission d’observatoire des abus et des violations des droits de l’homme.
En outre, « One Advocacy Africa » s’évertuera de persuader les autorités camerounaises de réprimer les violences anti-LGBTI+ et d’améliorer également la confidentialité du statut des personnes vivant avec le VIH, a-t-il déclaré.
Enfin, les autres missions de « One Advocacy Africa » portent sur l’amélioration de l’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) et l’amélioration de l’accès aux soins proctologiques et de santé mentale. Lever les barrières de santé à l’inclusion sociale participant d’un travail plus large visant à faire accroître l’acceptation des personnes LGBTI+ dans des domaines aussi diversifiés que l’éducation, la culture, la religion, le sport ou encore la recherche et la communication.
L’éclosion de « One Advocacy Africa » n’a pas manqué de faire réagir la défenderesse des droits humains Kedy (pseudonyme) : « Nous considérons cette approche comme bénéfique dans le contexte du renforcement des capacités des organisations locales en matière de plaidoyer et de travail en synergie. Les droits de l’homme sont interdépendants et doivent évoluer dans la complémentarité. Cependant, il serait important de ne pas se concentrer exclusivement sur les thématiques LGBTI+, mais de travailler également dans une perspective beaucoup plus large touchant l’ensemble des populations clés [les plus à risques]».
Steeves Winner, l’auteur de cet article, est un journaliste camerounais qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-le à steeves.w@yahoo.com.