Afrique subsaharienne

LGBTI au Cameroun : Augmentation des cas d’abus

Un nouveau rapport sur la violence homophobe et transphobe au Cameroun dresse un sombre tableau de la montée de la violence contre les Camerounais LGBTI, mais avec un point positif: une baisse des arrestations arbitraires par la police.


 

Par Courtney Stans

Briser le «silence coupable» et oser agir pour une société plus tolérante qui permettra d’atteindre les objectifs fixés pour vaincre le VIH et les autres pandémies montantes au Cameroun: un défi commun. C’est le titre du rapport annuel de violences et violations des droits des personnes LGBTI au Cameroun comptant pour la période de janvier à décembre 2019.


Lire: Un Silence Complice (Rapport annuel 2019 des violences et violation des droits sur la base de l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression des caractéristiques sexuelles au Cameroun)

Voir: La vidéo « Il faut que les violences cessent, » publiée par Alternatives-Cameroun, commenté par Raïse Ngob, une défenseuse camerounaise des droits des personnes LGBTI et des droits humains en général.


La situation des droits humains fait l’objet d’un grand débat au Cameroun, ces dernières années elle s’est accentuée avec la situation de la crise anglophone et de la guerre dans le nord du pays contre le groupe terroriste Boko Haram. Les minorités sexuelles et de genre à travers le pays sont souvent doublement victimes de violations et de violences en raison de leur caractère unique et de leur vulnérabilité au VIH.

Cette année encore, les organisations de la société civile engagées dans la lutte contre le VIH et la défense des droits des minorités sexuelles et de genre sonnent l’alarme dans ce rapport bilingue publié le 17 mai, dédié à la lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT). L’observation faite au terme de l’analyse des données collectées sur le terrain, par Humanity First Cameroun et Alternatives-Cameroun en collaboration avec d’autres organisations est sans équivoque: il faut briser ce «Silence Complice» si l’on veut vraiment freiner le phénomène de violence et violations des droits des minorités sexuelles et de genre au Cameroun.

Bien au-delà de la posture d’un militant, il est important de reconnaître que, par rapport aux années précédentes, nous assistons en 2019 à une baisse drastique des cas d’arrestation arbitraire. Nous souhaitons encourager notre gouvernement qui a entendu les cris de détresse décriés dans nos précédents rapports, mais en même temps nous protestons contre d’autres violations qui ne cessent d’augmenter. En 2019, 1380 cas de violence ont été documentés sur l’ensemble du territoire national, contre 1134 en 2018. Dans ce «champ de lutte», il est important de reconnaître solennellement l’impact que les programmes et projets de lutte contre le VIH ont fait au Cameroun dans le cadre de la création d’un environnement favorable pour les populations vulnérables au Cameroun.

Ce graphique du rapport «Silence Complice» montre l’augmentation des violations des droits humains subies par les LGBTI Camerounais de 2012 à 2019.

Humanity First Cameroun et Alternatives-Cameroun ont présenté ces recommandations de mesures visant à réduire la violence anti-LGBTI:

1. Dépénaliser les rapports entre personnes de même sexe en abrogeant l’article 347-1 du code pénal;

2. Cesser immédiatement la pratique de l’examen anal forcé sur les homosexuels, tel que prescrit dans la convention Contre la Torture que le Cameroun a ratifié ;

3. Abroger l’article 83 al 1 et 2 de la loi de 2010 portant sur la cybersécurité et la cybercriminalité;

4. Garantir une protection aux défenseurs des droits des LGBT en leur offrant un statut légal à la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun ;

5. Poursuivre la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes LGBTI dans les services publics notamment la justice et la santé ;

6. Prendre en compte le respect du genre lors de l’établissement des actes et pièces officiels ;

7. Prendre en compte les violences faites aux personnes LGBTI et leurs défenseurs dans les rapports annuels de violations au Cameroun.

Humanity First Cameroun et Alternatives-Cameroun disent qu’ils ne ménageront aucun effort pour faire une réalité de l’idéal social et sociétal du respect des droits humains.

Courtney Stans ajoute:

Nous gardons l’espoir secret de vivre dans une société où la différence ne sera plus un problème et où la notion d' »humanité » prendra tout son « sens et son pouvoir ».

Ensemble continuons à briser le silence afin de lutter pour le respect des droits humains au Cameroun.

L’auteure de cet article, Courtney Stans, est une journaliste camerounaise qui écrit sous un pseudonyme. Contactez-la à info@76crimes.com.

Une réflexion sur “LGBTI au Cameroun : Augmentation des cas d’abus

  1. Pingback: Un séminaire d’empowerment au Cameroun au service du renforcement des capacités des défenseurs des droits humains | 76 Crimes en français

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