Afrique

L’Etat nigérien délaisse un festival traditionnel de beauté masculine

Le Niger, pays d’Afrique de l’Ouest, a retiré son soutien à un festival culturel traditionnel de beauté masculine sans explication publique.

Concours « Mister Niger » lors du festival culturel « Arou-Sogha » en 2014

Concours « Mister Niger » lors du festival culturel « Arou-Sogha » en 2014

Par Moïse Manoel

La localisation du Niger.

Depuis 2011, le festival « Arou-Sogha » à Niamey au Niger, promeut la mode masculine sous la forme d’un défilé en tenues traditionnelles. Les compétences des couturiers locaux et la beauté masculine y sont célébrées.

C’est aussi un moyen pour les personnes issues des univers des arts et les minorités sociales de la sous-région centre-sahélienne de se retrouver dans un cadre festif et culturel dans la discrétion, tout en pouvant être sous les projecteurs pour leurs talents artistiques et créatifs dans la mode.

Le festival a eu lieu à quatre reprises -– la dernière fois, c’était en 2015 -– avant d’être suspendu en raison des turbulences politiques et militaires de la région. Parmi ces troubles, on peut citer les attaques de Boko Haram dans le nord du Nigéria et le sud-est du Niger, les combats dans le nord du Mali, la présence de groupes terroristes liés à Al-Qaïda dans la plupart des provinces du Burkina-Faso, ainsi que la guerre civile libyenne.

Scène lors du festival culturel « Arou-Sogha » en 2015.

Scène lors du festival culturel « Arou-Sogha » en 2015.

Le cinquième édition du festival Arou-Sogha était prévu pour se tenir cette semaine (le 27 avril 2019) au Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch (CCFN) dans le quartier du Plateau, de la capitale Niamey.

Par le passé, l’Etat nigérien ainsi que l’ambassade de France ont apporté leur concours financier et logistique à cette manifestation.

Mais ce n’est pas le cas cette année où l’organisateur de l’évènement, M. Hamidou Mamane Noma, a reçu un appel téléphonique des plus hautes autorités, lui indiquant que ces dernières ne lui verseraient pas les 4 millions de francs CFA prévus (environ 6 112 euros).

Il n’y a pas eu d’explication publique à cette décision. Néanmoins, l’organisateur constate aujourd’hui qu’il est de plus en plus difficile pour un homme d’organiser un tel festival et de trouver des partenaires publics ou des appuis.

L’auteur de cet article, M. Moïse Manoel, est originaire de Guadeloupe. Titulaire d’une licence de géographie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a en outre, un master 2 en management du développement durable de l’École Pégase à Paris, ainsi qu’un autre master 2 en sociologie et travail social de l’Université de Guyane, à Cayenne. Il enseigne actuellement à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane française) alors qu’il prépare en parallèle un doctorat avec l’Université des Antilles en Martinique et effectue des recherches comparatistes sur les champs des homophobies et des néocolonialismes entre la Guyane française et le Suriname.

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